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Saint-Brieuc: 120 médecins présentent leur démission à l'hôpital

L'hôpital Yvan Le Foll de Saint-Brieuc - Image d'illustration

L'hôpital Yvan Le Foll de Saint-Brieuc - Image d'illustration - Google StreetView

Sur fond de tensions avec leur hiérarchie, ils dénoncent entre autres la construction d'un "futur pôle ambulatoire."

C’est "une première dans l’histoire de l’hôpital" Yvan Le Foll de Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor. Mardi dernier, 120 médecins ont collégialement démissionné de la commission médicale d’établissement (CME) à l’issue d’une réunion mensuelle. Sur fond de tensions avec la direction, un chef de pôle démissionnaire confie à Ouest-France que "cela montre que l’hôpital ne va pas bien".

Selon le quotidien régional, il est reproché plusieurs choses à la hiérarchie. Le "mode de gouvernance" de l’établissement, qui avait dans un premier temps rompu les discussions entre les différentes parties, tout comme le non-renouvellement des contrats à durée déterminée de certains employés. Véritable point de rupture, l’annonce de la "construction du futur pôle ambulatoire" a marqué un point de non-retour. 

"Nous ne sommes même pas associés à ce projet qui va coûter 25 millions d’euros et qui est conduit sans aucune concertation" souligne ce même médecin.

Portée symbolique

De son côté, le Dr Christian Bruce, délégué de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), souligne, toujours dans Ouest-France, que ces démissions ont également une portée symbolique.

"Dans les services, on leur reprochait un peu de cautionner les décisions de la direction. Leur acte marque un tournant. Le dialogue est rompu."

Reste que ces absences mettent l’hôpital et la direction dans une situation inconfortable. Le CME est en effet une instance obligatoire dans un établissement de santé de ce type, et la direction pourrait être remise de facto "au doyen des praticiens" qui "pourrait remettre sa démission dans la foulée."

Une enquête de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sera ouverte et pourrait durer plusieurs mois. Entre-temps, l’hôpital de Saint-Brieuc semble plongé dans une crise inéluctable et dans un status quo total.

Hugo Septier