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Réouvertures: Arnaud Fontanet appelle les Français à ne pas se précipiter afin de "préserver" l'été

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet - STEPHANE DE SAKUTIN

Alors que les terrasses, commerces et lieux culturels rouvrent le 19 mai, l'épidémiologiste Arnaud Fontanet a conseillé aux Français de rester prudents pour mieux profiter des vacances estivales.

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet, invité de France Inter ce lundi matin, s'est montré optimiste face à la baisse de la circulation du virus et à l'amélioration de la plupart des indicateurs. Il a toutefois appelé à être vigilant jusqu'à fin juin.

"On voit depuis trois semaines l'incidence baisser rapidement. On est à peu près à une diminution de 20% par semaine. Ça montre bien que les mesures qui ont été prises ont fonctionné. On est sur une dynamique rapide, comme en novembre dernier. Si on continuait sur cette même pente, on serait le 25 mai à 10.000 cas par jour et le 15 juin à 5000 cas par jour. Un seuil où le tester-tracer-isoler remarche", a-t-il expliqué. Autant de facteurs qui font dire au spécialiste qu'il sera possible d'aborder l'été dans de bien meilleures conditions.

Face à la prochaine réouverture des terrasses, des commerces et des lieux culturels, le 19 mai prochain, le chercheur de l'institut Pasteur a conseillé aux Français de ne pas se précipiter, afin de "préserver" l'été.

"Je dirais aux Français de ne pas gâcher une baisse rapide de la circulation du virus sur le territoire en se précipitant. Si vous voulez préserver votre été, ne vous précipitez pas, profitez avec modération des nouvelles ouvertures, continuons sur cet effort et essayons d'aborder dans les meilleures conditions l'été qui vient", a-t-il affirmé.

"Suivre de très près les indicateurs"

Selon Arnaud Fontanet, cette réouverture "peut se passer raisonnablement" si peu de personnes se trouvent en terrasse et respectent bien les règles de distanciation sociale. Mais si la réouverture se traduit par "des rassemblements de centaines de personnes, ça ne se passera pas bien", a-t-il souligné.

"Il faudra suivre de très près les indicateurs épidémiologiques sur cette période. L'incidence qu'on voit décroître, regardons où elle nous emmène. Surveillons les variants, notamment en région parisienne, les variations à mutation 484, qui sont capables d'échappement immunitaire, sont passés de 5 à 15% en quelques semaines, c'est inquiétant", a-t-il poursuivi.

Dans l'hypothèse de 50% de vaccinés début juillet et d'un taux de circulation du virus bas, autour de 5000 cas par jour, l'épidémiologiste a, par ailleurs, estimé que l'"on pourrait aborder l'été dans de bonnes conditions".

"On est toujours avec un virus qui est capable de redémarrer, quelquefois avec ses variants, on l’a appris à nos dépens avec le variant anglais, 60 % plus transmissible", a-t-il toutefois mis en garde.

Clément Boutin Journaliste BFMTV