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Réactions allergiques au vaccin: la Fédération française d'allergologie appelle à "ne pas se braquer"

Une infirmière britannique s'apprête à injecter une première dose du vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer-BioNTec le 8 décembre 2020 au Guy's Hospital de Londres

Une infirmière britannique s'apprête à injecter une première dose du vaccin de l'alliance américano-allemande Pfizer-BioNTec le 8 décembre 2020 au Guy's Hospital de Londres - Frank Augstein © 2019 AFP

Deux personnes vaccinées contre le Covid-19 au Royaume-Uni ont mal réagi à l'injection. La Fédération française d'allergologie veut apaiser les esprits: ces aléas ne doivent pas affoler la population française.

Les premiers vaccins contre le Covid-19 arrivent, et avec eux surgissent dans le grand public des inquiétudes sur leurs possibles effets indésirables. Au Royaume-Uni, premier pays à avoir lancé sa campagne de vaccination avec les laboratoires Pfizer/BioNtech, deux personnes, toutes deux sujettes à d'importantes allergies, ont mal réagi à l'injection.

Alors que l'administration du sérum doit commencer en janvier en France pour les seniors en Ehpad et les personnels âgés ou malades chroniques qui s'occupent d'eux, la Fédération française d'allergologie (FFAL) a tenu, ce lundi, à rassurer les personnes souffrant d'allergies.

"Les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie ne constituent en aucun cas une contre-indication systématique à cette vaccination", souligne la FFAL dans un communiqué de presse. Son président, le professeur Frédéric De Blay, explique à BFMTV.com pourquoi les cas de réactions allergiques au Royaume-Uni ne doivent pas affoler la population française.

BFMTV.com: "Par précaution, les autorités sanitaires britanniques déconseillent pour l'instant le sérum Pfizer/BioNtech aux personnes qui ont eu dans le passé des réactions allergiques importantes à des vaccins, des médicaments ou de la nourriture. Mais ce lundi, la Fédération française d'allergologie précise que les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie 'ne constituent en aucun cas une contre-indication systématique à cette vaccination'. Pourquoi?"

Frédéric De Blay: "Ces deux phénomènes ne doivent pas braquer les populations car on ne connaît pas encore les mécanismes responsables de ces réactions. Le risque c'est que les personnes qui souffrent d'allergies fortes comme faibles se disent qu'elles ne doivent pas se faire vacciner, alors qu'on ne sait même pas si de telles réactions vont se répéter.

Cela me rappelle le cas de l'asthme lors de la première vague de Covid-19. On a cru que cette maladie respiratoire était un facteur aggravant du virus et tout le monde s'est affolé autour de cette présomption. Des asthmatiques ont même voulu arrêter leur traitement car des messages circulaient sur le risque d’une infection grave au Covid-19 lié à la prise de corticoïdes inhalés.

On sait finalement que les asthmatiques ne présentent pas de risques accrus de développer une forme grave de la maladie. Pour les réactions allergiques, il ne faut pas tomber dans la même psychose, attendons d'en savoir un peu plus".

BFMTV.com: "Les deux personnes qui ont mal réagi à l'injection au Royaume-Uni ont de 'forts antécédents allergiques', selon le service national de santé anglais. A quel moment considère-t-on qu'un patient a des antécédents d'allergie graves?"

Frédéric De Blay: "Une allergie devient grave quand elle entraîne des chocs anaphylactiques, c'est-à-dire une baisse de tension, de la diarrhée, des vomissements, des difficultés à respirer, des gonflements... Il faut bien distinguer les faibles intolérances comme l'urticaire ou les démangeaisons de la gorge par exemple, à cause d'un rhume des foins, et une réaction brutale liée à un médicament ou à une trace d'arachide. Dans ce cas-là, et uniquement, il faudra être vigilant".

BFMTV.com: "Que recommandez-vous pour l'arrivée prochaine du vaccin en France?"

Frédéric De Blay: "Avant de tirer des conclusions hâtives de ce qui s'est produit au Royaume-Uni, il faut se donner un peu de temps pour comprendre ce qui s'est passé. En principe, les Anglais vont travailler pour en trouver la cause et ensuite, nous pourrons nous y adapter.

Il ne faut pas oublier que les réactions aux vaccins ont toujours existé. Ne nous braquons pas sur ces premiers aléas et surtout, il ne faut pas que les personnes qui ont des allergies les interprètent in extenso et se disent qu'elles ne doivent pas se faire vacciner contre la grippe ou qu'elles ne doivent pas faire les vaccins pédiatriques de leurs enfants qui ont des allergies".

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV