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Raoult fustige l'organisation "archaïque" des tests de dépistage

Dans son audition à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur le Covid-19, Didier Raoult s'en est pris à la politique de dépistage française.

"La manière dont ça s'est organisé est totalement archaïque". C'est ce qu'a estimé Didier Raoult, ce mercredi, devant la commission d'enquête sur la gestion de la crise du coronavirus, faisant référence au système des centres nationaux de référence. "L'idée qu'on ne pouvait pas faire les tests n'était pas vraie", a jugé Didier Raoult, qui dirige l'IHU Méditerranée Infection, à Marseille, pour qui la centralisation au niveau du CNR a fait perdre beaucoup de temps et n'était pas nécessaire. Ce système de "petits CNR" conduit leurs responsables à "considérer que la maladie est leur territoire", comme des "blaireaux dans leur terrier qui mordent si on s'en approche", a-t-il fustigé. "Je ne suis pas d'accord avec la décision qui a été prise de ne pas généraliser les tests", a-t-il également déclaré, estimant qu'"on ne peut pas étudier" une maladie nouvelle "si on ne teste pas".

"Ce qu'on a déduit sur la maladie, on l'a déduit à partir de la grippe et ce n'était pas vrai", a-t-il ajouté.

Didier Raoult a par ailleurs renouvelé devant la commission d'enquête l'affirmation selon laquelle certains détracteurs de l'hydroxychloroquine seraient financièrement liés au laboratoire Gilead, fabricant du remdesivir, autre molécule dont l'efficacité est testée dans le traitement du Covid-19.

Raoult regrette que la politique prenne le dessus sur la médecine

Face aux demandes de précision des députés, le microbiologiste les a notamment renvoyés à la consultation de la base de données Transparence Santé, qui recense les liens d'intérêt entre les entreprises et les acteurs du secteur de la santé.

Assurant avoir observé une "obsession de vouloir traiter les gens avec le remdesivir", il a dit y voir un résultat de la stratégie d'"influence" de ce laboratoire, au service d'un "pur jeu boursier".

Le chercheur marseillais a par ailleurs regretté que dans cette crise sanitaire, des "décisions médicales" aient été "préemptées par le politique", référence à l'interdiction de prescription de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 pour les médecins de ville, interdiction ensuite étendue le 27 mai à l'hôpital, sauf dans le cadre des essais cliniques.

IV avec AFP