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Pendant le confinement, les arrêts cardiaques ont doublé en région parisienne

Photo d'illustration camion de pompiers

Photo d'illustration camion de pompiers - AFP

En l'espace de six semaines, par rapport aux années précédentes, le taux d'arrêts cardiaques a atteint le chiffre de 521.

Les professionnels de santé avaient alerté. Pendant le confinement, les Français, en particulier ceux à la santé fragile, ne devaient sous aucun prétexte interrompre leurs traitements ni cesser de rendre visite à leur médecin traitant ou spécialistes

521 arrêts en six semaines

Pour autant, malgré ces recommandations, une étude menée par le chercheur Eloi Marijon au Centre de Recherche Cardiovasculaire de Paris (Inserm/Université de Paris) en collaboration avec Daniel Jost (Brigade des sapeurs-pompiers de Paris), suggère que ces dernières semaines, le nombre d’arrêts cardiaques en région parisienne a été multiplié par deux par rapport à la même période les années précédentes.

Les résultats de ces travaux, publiés dans la revue scientifique The Lancet, se basent sur les chiffres issus du registre francilien du Centre d’Expertise Mort Subite (Paris-CEMS). Ainsi, au cours de ces six dernières semaines, 521 arrêts cardiaques hors hôpital ont été identifiés en région parisienne, soit un taux de 26,6 arrêts pour un million d’habitants. Entre 2012 et 2019 à la même période, ce taux était de 13,4 arrêts cardiaques pour un million d’habitants, informe un communiqué de l'Inserm. 

Les chercheurs ont estimé qu'un tiers de cette augmentation d'arrêts cardiaques était associé potentiellement au covid-19.

Deux facteurs repérés

Les auteurs de cette étude pointent deux facteurs principaux pour expliquer cette inquiétante explosion. Dans un premier temps, le suivi moins régulier des personnes cardiaques, ou tout du moins à risques, a pu jouer un rôle important. 

De plus, il est également signalé que 90% des arrêts recensés pour l'étude se sont déroulés au domicile des victimes. Du fait de délais d'intervention plus longs, et d'un entourage peut-être moins enclin à réaliser les gestes de premier secours, la mortalité de ces incidents a brusquement augmenté. 

“En pleine période de déconfinement, nos résultats permettent de mieux appréhender les conséquences de cette crise, les leçons à tirer, également pour mieux réagir en cas de 2ème vague", explique la cardiologue Nicole Karam, qui a participé à l'étude. 
Hugo Septier