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Patients radicalisés: une note de recommandations pour les médecins

Le Conseil national de l'ordre des médecins met à disposition des professionnels de santé une note pour les aider face au phénomène de la radicalisation, auquel ils sont de plus en plus confrontés.

Les médecins sont de plus en plus nombreux à se retrouver confrontés au phénomène de la radicalisation, notamment islamiste. Pour leur venir en aide, le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom) a publié récemment une note pour leur indiquer la marche à suivre en cas de patient en voie de radicalisation ou déjà radicalisé.

La note, révélée ce vendredi par Le Parisien, est accessible sur le site internet du Cnom depuis le 9 décembre. Elle prévoit que les médecins puissent s'affranchir du secret professionnel. "Nous souhaitions que les médecins puissent apporter une réponse cohérente à ce problème tout en évitant l'écueil d'un signalement abusif qui serait tout aussi préjudiciable", explique Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Cnom.

Faut-il signaler les patients radicalisés?

Dans sa note, le Cnom rappelle que le médecin est tenu au respect du secret professionnel "par la loi et le code de déontologie médicale". "Cependant devant certaines situations de radicalisation avérée de nature à faire craindre un comportement dangereux de la part du patient, les médecins se trouvent face à un cas de conscience où ils peuvent légitimement estimer ne pas devoir garder pour eux ce qui leur a été confié ou remarqué", est-il stipulé.

"Cela relève du cas par cas. Et, les médecins peuvent se tourner vers les conseils départementaux pour solliciter leur avis", détaille le Dr Faroudja. Le Cnom rappelle que s'agissant des patients mineurs, la loi prévoit déjà une dérogation à l'obligation de respecter le secret professionnel pour protéger l'enfant. Le médecin peut transmettre des informations (comme le projet de partir faire le jihad) à une structure spécifique de la Cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip).

Une différenciation claire avec le fondamentalisme

L'Ordre des médecins est prudent sur la définition de la radicalisation: "La radicalisation ne doit pas être confondue avec le fondamentalisme religieux: les fondamentalistes sont des pratiquants qui adoptent des postures cultuelles rigoureuses mais ne recourent pas à la violence alors que les radicaux légitiment ou pratiquent des actes de violence".

"Il faut un faisceau de signaux concordants", insiste Jean-Marie Faroudja. "La radicalisation se définit par trois caractéristiques cumulatives: un processus progressif; l'adhésion à une idéologie extrémiste; l'adoption de la violence", détaille ainsi la note.

A.S. avec AFP