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"On ne nous fait pas confiance": la possible levée du secret médical à l'école ne plaît pas aux parents

Des élèves cartables au dos (illustration)

Des élèves cartables au dos (illustration) - Martin BUREAU © 2019 AFP

Un amendement adopté mercredi à l'Assemblée qui permettrait aux responsables d'établissements scolaires de connaître le statut vaccinal des élèves provoque de nombreuses critiques.

Les oppositions montent au sujet d'un amendement controversé, qui lèverait le secret médical à l'école. Il a été déposé par le gouvernement au projet de loi "vigilance sanitaire", adopté dans la nuit de mercredi à jeudi à l'Assemblée nationale. Il prévoit de permettre aux responsables d'établissements scolaires (directeurs d'écoles, principaux de collèges et proviseurs de lycées), d'avoir connaissance du statut vaccinal des élèves.

Le ministère veut, à travers cet amendement, fluidifier les relations avec les parents auxquels on demande souvent des attestations pour des sorties scolaires. Selon le gouvernement, l'objectif est aussi de "faciliter l'organisation de campagnes de dépistage et de vaccination."

"Les parents sont encore stigmatisés"

Une proposition loin de faire l'unanimité chez les parents d'élèves, comme l'explique Nageate Belahcen, administratrice nationale de la FCPE. "Ce n’est pas à nous en tant que parents de décider si un vaccin doit être obligatoire ou pas", proteste-t-elle.

"Les parents sont encore stigmatisés. A la rentrée, on nous avait demandé des attestations sur l’honneur: on ne nous fait pas confiance", conclut Nageate Belahcen.

D'autre part, la mesure pourrait s'avérer difficile à appliquer, comme le pense le Dr Patrick Berche, médecin biologiste, ancien directeur de l’Institut Pasteur de Lille.

"Sans cette mesure [de vaccination obligatoire], c’est impossible juridiquement de lever le secret médical dans ce cas."

Ce médecin se dit en faveur de la vaccination obligatoire au-dessus de douze ans, "c'est la position de l’Académie de médecine depuis six mois", précise-t-il. Le vaccin contre le Covid-19 ne fait pas partie des onze vaccins obligatoires en France pour le moment. Sans ce dispositif, Patrick Berche craint des "conflits" avec les parents, surtout à une période où les contaminations n'explosent pas.

Pour en primaire, contre dans le secondaire

Du côté du SNUippFSU, le syndicat majoritaire chez les professeurs d'école, on se dit favorable à la proposition, indique Le Monde. Mais chez les personnels de direction des collèges et des lycées, on l'estime "inutile".

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer ne s'est pas exprimé sur le sujet pour le moment. Le Sénat doit se prononcer à partir de jeudi prochain sur ce projet de loi.

Nina Jackowski