BFMTV

"On doit se souvenir de l'été dernier": Jean-François Delfraissy met en garde contre une nouvelle vague

Jean-François Delfraissy, en mars 2020.

Jean-François Delfraissy, en mars 2020. - Ludovic Marin - AFP

Le président du Conseil scientifique a alerté ce mercredi matin sur les risques que pourraient représenter les relâchements de l'été, alors que le variant Delta continue sa progression en France et dans le monde. Il estime toutefois que la 4e vague de Covid-19 pourrait être "plus nuancée" que les précédentes.

"On doit se souvenir de ce qui s'est passé l'été dernier". Invité sur France Inter ce mercredi matin, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a alerté sur la probabilité d'une nouvelle vague de Covid-19 en septembre, comme cela avait été le cas en 2020 après l'été.

"Être réaliste et conscient"

L'immunologue a souligné la situation contradictoire dans laquelle se trouve actuellement la France, avec des hospitalisations et un taux d'incidence en net recul, mais une progression rapide du variant Delta, qui représente actuellement 20% des nouveaux diagnostics contre 10% il y a une semaine. Et pourrait donc entraîner une nouvelle vague à la rentrée si la vaccination ne décolle pas.

"On ne doit pas flipper mais on doit être réaliste et conscient", a averti Jean-François Delfraissy.

"Il y a ce contraste entre les chiffres extrêmement bas de l’incidence en France qui sont faussement rassurants par certains côtés. Parce qu’on va avoir un été où chacun d’entre nous – moi, le premier – on va se relâcher, on a envie de vivre, je le comprends parfaitement. On a la notion qu’il y a la vaccination. Et on doit se souvenir de l’été dernier. On était à des chiffres à peu près comparables fin juin 2020, et on a vu la deuxième vague arriver à partir du mois de septembre", a ainsi rappelé le président du Conseil scientifique.

"Là-dessus, arrive ce variant Delta qui a un niveau de transmission nettement plus élevé", a-t-il complété.

Une 4e vague "plus nuancée"

Quant à savoir à quoi pourrait ressembler cette potentielle quatrième vague, notamment en terme de virulence, Jean-Delfraissy estime toutefois "qu'elle va être beaucoup plus nuancée que les trois premières parce qu'on a un niveau de vaccination qui n'est pas du tout le même".

De quoi laisser entrevoir une sortie de crise définitive dans les prochains mois? "On en aura fini quand 100% de la population aura été soit vaccinée soit contaminée", fait valoir le scientifique. "Ce sera probablement en 2022, en tout cas dans les pays européens riches".

A.S.