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Olivier Véran conteste le chiffre de 20% de lits fermés dans les hôpitaux

"Pour l'instant, le seul chiffre dont je dispose, (...) c'est 5% de lits de médecine temporairement fermés", explique le ministre de la Santé qui ajoute que c'est "loin" des 20% avancés.

20% des lits fermés dans les hôpitaux? Le ministre de la Santé dit vouloir "tordre le cou" à ce chiffre publié par le Conseil scientifique dans son avis du 5 octobre et qui a beaucoup fait réagir ce mercredi.

"Le chiffre de 20%, j'aurais tendance, comme ça, à le contester", a réagi Olivier Véran lors d'une audition à l'Assemblée nationale ce mercredi. Il demande cependant "à avoir une étude la plus exhaustive possible sur l'état de fermeture" des lits dans les hôpitaux.

Le porte-parole du gouvernement soulignait plus tôt dans la journée que le chiffre d'un lit sur cinq fermé provenait d'une "enquête relative à la situation de quelques hôpitaux à l'AP-HP" et, donc, lacunaire.

Véran avance le chiffre de 5%

Le Conseil scientifique s'inquiétait dans son avis rendu début octobre que ce chiffre s'élève à 20% malgré un "recours déjà important et en augmentation aux heures supplémentaires et à l'intérim". "Pour l'instant, le seul chiffre dont je dispose, c'est sur un échantillon très parcellaire de 16 CHU, c'est 5% de lits de médecine temporairement fermés", rétorque Olivier Véran, qui ajoute que c'est "loin" des 20% évoqués.

De plus, d'autres raisons peuvent expliquer ces fermetures de lits, estime le neurologue. "Chaque année à la période automnale, il y a un taux d'absentéisme, il y a des départs en vacances, il peut y avoir quelques démissions" et "beaucoup de soignants ont dû renoncer à leurs congés cet été et peuvent éventuellement commencer à les prendre", décrypte le ministre que restait "étonné" et, manifestement peu convaincu, par ce chiffre.

Le manque de soignants

Dans un entretien accordé à Libération ce mercredi, le neurologue admet tout de même que la "situation est compliquée" dans les hôpitaux notamment à cause de la fermeture temporaire d'unités "faute de soignants, faute surtout de pouvoir en recruter". Car chez les paramédicaux, il constate "une hausse de près d'un tiers des postes vacants par rapport à l'automne 2019".

Cependant, "je ne veux pas qu'on rajoute de l'anxiété sur les discours sur l'hôpital alors que l'hôpital tient bon depuis un an et demi et qu'on peut, je crois, tous collectivement en être fiers", martèle le médecin.

Diane Regny