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Médicaments aromatisés: attention danger?

De plus en plus de médicaments sont aromatisés pour cacher leur amertume.

De plus en plus de médicaments sont aromatisés pour cacher leur amertume. - iStock - skynesher

Depuis plusieurs mois, des médicaments, pour enfants mais aussi pour adultes, accessibles sans ordonnance se développent, avec des saveurs différentes. L'attrait pour ces médicaments aromatisés n'est pas sans risque, notamment chez les jeunes, alerte la députée Michèle Delaunay.

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La vente de médicaments sans ordonnance fait souvent l'objet de mise en garde. Ce n'est pas parce qu'ils sont disponibles librement en pharmacie qu'il faut en abuser et pratiquer l'automédication à outrance. La députée PS Michèle Delaunay s'inquiète d'un récent phénomène qui augmente l'intérêt du consommateur pour ces derniers: la multiplication des médicaments aromatisés.

Efferalgan capuccino, Fervex framboise, Smecta fraise... ces médicaments loin d'être anodins deviennent ainsi des "produits de consommation marketing", a fait savoir l'ancienne ministre déléguée aux personnes âgées dans un communiqué. La députée a adressé une lettre à la ministre de la Santé Marisol Touraine et a fait savoir qu'elle se saisira de cette question dans le cadre du PLFSS* pour 2017 dont elle est la Rapporteuse.

"Les industriels du médicament doivent cesser de développer des produits qui ont pour seul objet de séduire des consommateurs en dehors du seul effet thérapeutique", écrit-elle. Celle-ci craint que cet effet de mode n'incite les plus jeunes à se tourner vers ce type de médicaments qui inclut, entre autres, du paracétamol. Or, une absorption excessive de cette molécule peut bloquer les capacités du foie à métaboliser un médicament associé.

Mieux encadrer ces emballages "attractifs"

"Les médicaments sont bénéfiques pour leurs effets thérapeutiques, mais ils ont obligatoirement une toxicité quand les doses ou les indications ne sont pas observées", ajoute-t-elle. L'ancienne ministre évoque aussi un risque "d'effets iatrogènes liés à une surconsommation indue", à savoir des effets indésirables provoqués par une erreur dans la prise du médicament (mauvais horaire, double dose) ou une interaction entre les différents médicaments utilisés.

C'est pour cette raison qu'elle souhaite "qu'à l'avenir ces pratiques soient davantage encadrées et réglementées". Les emballages "attractifs" doivent par exemple demeurer dans des "limites de grande sobriété" et rappeler le strict respect de la dose ainsi que la mention de l'aromatisation. A ce sujet, le Leem** précise que les arômes sont utilisés "le plus généralement pour masquer l’amertume du médicament".

"Toute la difficulté est de le rendre acceptable pour améliorer le suivi du traitement sans le rendre trop bon afin d’éviter le surdosage", écrit-il. L'ANSM*** précise quant à elle que "les arômes peuvent être additionnés de solvants, de supports, de colorants, de conservateurs ou d'additifs divers autorisés par l'autorité compétente".

*Projet de loi de financement de la Sécurité sociale **Les entreprises du médicaments ***Agence nationale de sécurité du médicament

Alexandra Bresson