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Masque "désagréable", soirées en lieux clos: chez les jeunes, la détente prend le pas sur la vigilance

Les jeunes tentent de retrouver une vie normale dans ces temps ballotés par le coronavirus. Moins portés désormais sur les diverses précautions, leur proportion grandit en France au sein de la population contaminée par le Covid-19.

On compte actuellement 120 foyers de Covid-19 dispersés sur le territoire. Et, en cette fin de mois de juillet, la proportion de jeunes grandit au sein de la population des contaminées. Il faut dire qu'à mesure que les beaux jours s'égrènent, la détente s'accroît dans cette guerre froide, qui est aussi une guerre de positions, déclarée contre le virus.

Un besoin de sociabilité

Les raisons varient mais les conclusions se ressemblent: on néglige davantage les précautions d'usage, on oublie la distanciation. Devant nos caméras, du côté des Invalides, à Paris, on justifie: "Il est assez désagréable de garder un masque avec la chaleur."

"Il y a plein de soirées où on est bien agglutinés en bars ou en appartements et où du coup la distanciation ne se fait pas", reconnaît un second jeune homme.

Au carrefour de deux écoles philosophiques, le cartésianisme et l'épicurisme, une jeune fille constate: "On n’a pas de masque… Pour boire, ce serait un peu compliqué." Une autre fait cependant valoir: "On est à l’air libre, on ne se fait pas la bise, on ne se touche pas, donc pas de souci."

Sur BFMTV, le docteur Martin Blachier, épidémiologiste, y voit un effet boomerang du confinement:

"C'est une population jeune qui avait besoin de se resociabiliser, qui avait besoin de reprendre sa vie. Elle a suivi les consignes qu’on lui a données, elle en a profité et c’est au sein de cette population que le virus se propage de manière assez silencieuse aujourd’hui", a poursuivi le praticien.

35 ans, âge moyen de la survenue de la maladie

Pour le Docteur Alain Ducardonnet, notre consultant santé, les jeunes ont tort de se sentir invincibles:

"Aujourd’hui, l’âge moyen de survenue, c’est 35 ans. Alors qu’en mars-avril, c’était 65 ans. Dans toutes les études, on montre que seuls 2% des cas graves sont en dessous de 60 ans. C’est vous dire si c’est modeste. Mais il y a des formes graves et des décès".

Et les caractéristiques de la maladie chez les jeunes représentent une gageure toute particulière pour les autorités sanitaires, qui craignent surtout leur potentiel de contagiosité:

"Premier élément, ils sont souvent asymptomatiques, pour 50% d’entre eux. Et deuxième élément, ça veut dire qu’ils participent d’une chaîne de contamination. D’une part, ça veut dire que le virus circule toujours et d’autre part qu’ils peuvent transmettre et en particulier aux personnes les plus vulnérables."
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV