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Les implants contraceptifs Essure, un nouveau scandale sanitaire?

Deux femmes réclament que des experts soient nommés pour chiffrer le préjudice qu'elles assurent avoir subi en portant l'implant contraceptif Essure. Ce dispositif de contraception définitive est déjà au coeur d'une plainte aux Etats-Unis.

Pour la première fois en France, deux femmes ont lancé une action en justice contre le dispositif de contraception irréversible Essure, révèle Le Parisien ce vendredi. Représentées par Maître Charles Joseph-Oudin, qui a défendu des victimes du Mediator, elles demandent à ce que des experts soient nommés pour chiffrer le préjudice qu'elles dénoncent. 

Des effets secondaires importants

120.000 femmes ont eu recours à ce dispositif en France depuis 2002 et son arrivée sur le marché. Ces implants, commercialisés par le laboratoire Bayer, sont des petits ressorts de 4 cm composés de nickel. Implantés dans les trompes de Fallope, ils en prennent la forme et obstruent le passage des spermatozoïdes jusqu'à l'ovule. Ce dispositif est réservé aux femmes qui sont sûres de ne pas ou plus vouloir d'enfants. 

Avec le temps, des femmes ont souffert de maux divers après la pose de cet implant. Marielle Klein, citée par Le Parisien, évoque des sinusites, maux de ventre intenses, palpitations et même une surdité et une paralysie du visage. Après avoir porté l'implant pendant cinq ans, un médecin découvre qu'elle est allergique au nickel et lui retire le dispositif.

Une association de soutien

Avant de lancer une procédure judiciaire, des femmes, souffrant d'effets secondaires importants, se sont réunies en association. Elles réclament la suspension à titre conservatoire d'Essure, poursuit Le Parisien. L'association R.E.S.I.S.T (Réseau d'entraide, soutien et information sur la stérilisation tubaire), est présente partout en France et relaye les difficultés rencontrées par ces femmes sur les réseaux sociaux.

Du côté des autorités sanitaires, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), a placé le dispositif "sous surveillance renforcée". Ce vendredi, le ministère de la Santé a assuré dans un communiqué que des travaux ont permis "de déterminer que les complications signalées relevaient de la pratique de pose et non du dispositif Essure en lui-même".

Les gynécologues vigilants

Les gynécologues eux, ont été invités à la vigilance par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Maître Charles Joseph-Oudin prévient dans Le Parisien:

"On n'est qu'au début d'un très gros dossier de santé publique, une première audience devrait s'ouvrir en janvier". 

Le dispositif Essure a déjà fait l'objet de procédures judiciaires. Aux Etats-Unis, un millier de femmes ont porté plainte contre Bayer.

M.L.