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Les autorités sanitaires mettent en garde contre les piles au lithium

Chaque année en France, plus de 1.200 visites aux urgences sont liées à l'ingestion de piles bouton.

Chaque année en France, plus de 1.200 visites aux urgences sont liées à l'ingestion de piles bouton. - Philippe Lopez - AFP

Après la mort, ce dimanche, d'un petit garçon de deux ans qui avait avalé fin août une pile au lithium, les autorités rappellent le danger que peuvent constituer ces batteries en forme de bouton.

"Chaque minute compte!" C’est le message diffusé ce vendredi par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) après le décès, dimanche à Lille, d'un enfant de 2 ans qui avait avalé une pile au lithium fin août. "Chaque année en France, on estime que plus de 1.200 visites aux urgences sont liées à l'ingestion de piles bouton. Elles concernent très majoritairement les 0-5 ans", soulignent la DGCCRF et les autorités sanitaires dans un communiqué. Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la DGCCRF contacté par BFMTV.com, veut faire passer un message "d’extrême vigilance aux parents".

Les piles au lithium, présentes dans de nombreux produits comme les télécommandes et les jouets électroniques, sont particulièrement dangereuses. "L’ingestion d’une pile bouton représente un danger grave pour un enfant. Une pile avalée peut entraîner très rapidement la formation de lésions potentiellement mortelles", précise le communiqué. "Avec ces piles, le principal risque n’est pas l’étouffement, contrairement à ce que l’on peut penser, insiste Loïc Tanguy. Même s’il n’y a pas d’occlusion des voies respiratoires, il faut absolument se rendre aux urgences."

Cinq jouets retirés du commerce

Pour minimiser les risques d’ingestion, la DGCCRF opère des contrôles et s’assure du respect des normes de sécurité. "La réglementation autour des jouets électriques est très stricte. Pour les livres musicaux, par exemple, nous vérifions que le compartiment à pile ne s’ouvre qu’à l’aide d’une pièce de monnaie ou d’un tournevis", explique Loïc Tanguy. Entre 2015 et 2018, la DGCCRF a contrôlé 133 jouets électriques, dont cinq se sont révélés non conformes car les piles bouton étaient accessibles. Un hand spinners lumineux – comme celui en cause dans le décès du petit garçon à Lille – ou encore un déguisement lumineux ont ainsi été retirés du marché.

En dépit de ces contrôles, la DGCCRF ne peut pas garantir la conformité de tous les produits vendus dans le commerce, souligne le directeur de cabinet. C’est donc aux parents de faire preuve d’une "extrême vigilance", notamment autour des objets du quotidien pour lesquels la réglementation est moins stricte. Les télécommandes ou les clés de voitures, par exemple, ne sont pas soumises à la règle de non accessibilité des piles, précise Loïc Tanguy.

Contacter le 15

"En cas d’ingestion, même supposée, d’une pile bouton, contacter immédiatement un centre antipoison ou le 15 en indiquant explicitement à votre interlocuteur qu’il s’agit de l’ingestion d’une pile bouton", préconise la DGCCRF. Refus de manger, vomissements, douleurs abdominales ou encore difficultés à avaler sont les principaux symptômes pouvant indiquer l’ingestion d’une pile au lithium.

En juillet 2016, une petite fille est morte après avoir elle aussi avalé une pile bouton. Le lithium avait perforé l'œsophage et la tranchée de l'enfant. Malgré une quinzaine d'interventions chirurgicales et un an passé à l'hôpital, la fillette a fini par succomber à ses blessures. 

Ambre Lepoivre