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Le "jeu du piment", nouveau danger chez les élèves

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Trois adolescents ont en effet été blessés, dont deux après s'être appliqués du piment sur leur propre visage.

Après le jeu du foulard, le blue whale challenge ou encore le train-surfing, un nouveau défi dangereux fait doucement son apparition dans les cours de récréation et sur les réseaux sociaux. Il s'agit cette fois du "jeu du piment". L'alerte provient de la gendarmerie du Pas-de-Calais, qui a récemment posté un message sur son compte Facebook. Le principe de ce nouveau "jeu" consiste à se présenter au collège avec des piments que les élèves ouvrent et projettent dans les yeux et/ou dans la bouche d'autres camarades.

"D'autres s'écrasent volontairement le piment sur la peau provoquant d'importantes brûlures", explique la gendarmerie. Elle appelle par ailleurs les parents à se montrer vigilants car "la prévention reste la méthode la plus efficace pour enrayer ce phénomène". Il est ainsi nécessaire "de parler ouvertement avec les plus jeunes de la dangerosité de ce genre de pratique", conclut-elle. Comme l'explique La Voix du Nord, il y a déjà eu plusieurs victimes, des élèves d'un collège de Romilly-sur-Seine, dans l’Aube. 

Trois adolescents ont en effet été blessés, dont deux après s'être appliqués du piment sur leur propre visage. "La principale de l’établissement avait par la suite fait circuler une information indiquant à ses élèves l’interdiction de ce jeu dangereux dans son établissement sous peine de sanctions", indique le journal. Plus de peur que de mal heureusement, car les collégiens ont pu retourner en cours dans la journée après une visite de contrôle aux urgence.

Existe-t-il des signes d'alerte?

Ce phénomène inquiétant de jeux dangereux dans les cours de récréation a fait l'objet d'un guide dédié de la part du ministère de l'Education. Ces derniers se distinguent de trois manières: les jeux de non-oxygénation (jeu du foulard), les jeux d’agression et les jeux de défi. Avec comme point commun des conséquences qui peuvent s'avérer graves: hématomes, plaies, fractures, voire dans certains cas des séquelles neurologiques. "Ils peuvent aussi provoquer la mort si les fonctions vitales sont touchées", soulignent les experts. 

Dans tous les cas, il existe des signes d'alerte que les adultes doivent savoir repérer. Si dans le jeu du piment, il s'agit de traces de brûlures, les jeux de non-oxygénation provoquent des traces rouges autour du cou ou sur les joues, des rougeurs dans les yeux ou de violents maux de tête à répétition. Les jeux d’agression et jeux de défi peuvent, quant à eux, entraîner des blessures, traces de coups, vêtements abîmés, mais aussi des "manifestations neurovégétatives-somatiques": sueurs, tremblements, douleurs abdominales...

Comment intervenir?

Ce travail d’investigation est d’autant plus nécessaire que la demande d’aide de la part des victimes de ces jeux est rarement orientée vers les adultes, selon ces experts. Mais l’ensemble de la communauté éducative, y compris les parents, peuvent agir en mettant en place une démarche de prévention. Concernant les plus jeunes enfants, le document précise que "l'influence des parents reste très importante à cet âge car ils sont attentifs aux messages des adultes, même s’ils ne les comprennent pas dans l’immédiat."

Il est également important que ces adultes soient eux-mêmes informés sur le sujet par des personnels de l’institution (directeur d’école, enseignant, conseiller principal d’éducation, médecin, assistant de service social, psychologue scolaire...) ou par des professionnels extérieurs. L'information "peut prendre la forme d’une intervention faisant suite à un incident ou un accident intervenu dans l’établissement ou d’une action de prévention d’information", estiment les experts.

Alexandra Bresson