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Le Covid-19 a peu circulé dans les crèches lors du premier confinement, selon une étude

Le coronavirus "circulait peu en crèche" lors du premier confinement en France, selon une étude publiée lundi 8 février dans The Lancet Child and Adolescent Haalth.

Le coronavirus "circulait peu en crèche" lors du premier confinement en France, selon une étude publiée lundi 8 février dans The Lancet Child and Adolescent Haalth. - -

L'étude, réalisée notamment par l'AP-HP et l'Inserm, indique le Covid-19 "circulait peu en crèche" lors du premier confinement, plus strict que celui de l'automne.

Le Covid-19 "circulait peu en crèche" lors du premier confinement en France, selon une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique The Lancet Child and Adolescent Haalth. Ces résultats viennent confirmer l'idée selon laquelle les très jeunes enfants sont peu responsables dans la chaîne de transmission du Covid-19.

Un lieu sûr, même pour les enfants à risque

L'étude a été réalisée sur 327 enfants et 197 salariés de crèche, dépendant de 20 crèches franciliennes et de deux autres situées à Rouen et Annecy, entre le 4 juin et le 3 juillet dernier. Tous les enfants avaient été gardés en crèche entre le 15 mars et le 9 mai, soit les dates de début et de fin du premier confinement.

Selon les auteurs (des équipes de pédiatrie de l’hôpital Jean-Verdier et de l’unité de recherche clinique et du service de microbiologie de l’hôpital Avicenne, tous les deux en Seine-Saint-Denis; des universités de Sorbonne Paris Nord et Sorbonne Université ainsi que de l’Inserm):

"Le virus circulait peu en crèche dans les conditions particulières appliquées lors du premier confinement (confinement strict du reste de la population, possibilité de petits groupes d’enfants et de renforcement des mesures barrières), y compris dans un groupe d’enfants considéré comme plus à risque".

Une contamination intra-familiale

Dans le détail, la séroprévalence chez les enfants était de 4,3%, soit 14 enfants positifs au Covid-19 et 7,7% du personnel encadrant (14 adultes positifs). En juin toujours, l'ensemble des tests PCR réalisés sur les enfants se sont avérés négatifs, c'est-à-dire que ces derniers n'étaient plus contagieux.

Parmi les 14 enfants ayant été contaminés, les auteurs de l'étude estiment que la contamination intra-familiale est à privilégier:

"L’analyse exploratoire complémentaire réalisée suggérait que les enfants séropositifs étaient plus susceptibles d'avoir été exposés au domicile à un adulte avec une infection confirmée au Covid-19 (43% contre 6%) et d’avoir au moins un parent séropositif", écrivent-ils.

"Un risque augmenté" sans confinement strict

Mais prudence, cette étude est à prendre avec des pincettes puisqu'elle a été réalisée spécifiquement dans les conditions d'un confinement strict: tous les commerces dits "non essentiels" étaient alors fermés et le télétravail était la règle.

"L’extrapolation de ces résultats à d’autres situations ou d’autres périodes de circulation virale ne peut être faite sans études complémentaires", soulignent les chercheurs.

Invité lundi de BFMTV, Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique a d'ailleurs tenu un tout autre discours, en revenant sur les conclusions d'une étude de l'Institut Pasteur sur les lieux de contamination au Covid-19. Lors de la période du couvre-feu, le fait d'avoir un enfant en crèche représente "un risque augmenté" de contamination.

Selon l'épidémiologiste, la circulation du coronavirus s'opère donc dans les crèches, les maternelles et les lycées, mais semble épargner les écoles primaires.

Par E.P avec AFP