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La surmortalité reste élevée chez les diabétiques

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Philippe Huguen - AFP

Les personnes diabétiques restent en danger de mort malgré l'amélioration de leur suivi médical. Une étude assure que le risque de décès est bien plus élevé que chez le reste des Français. Particulièrement pour les femmes.

Les malades souffrant de diabète restent en danger. Ils présentent toujours un risque de décès bien plus élevé que le reste de la population française malgré l'amélioration de leur suivi médical, selon une étude publiée mardi, qui appelle à mettre l'accent sur la prévention de facteurs de risque comme l'obésité et le tabac.

Un taux de surmortalité important

Par rapport à la population générale, les hommes diabétiques présentent une surmortalité de 34% et les femmes de 51%, selon cette enquête publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), qui a suivi un groupe de près de 5.900 personnes de plus de 45 ans soignées pour diabète entre 2007 et 2012.

Si cette surmortalité a baissé chez les hommes diabétiques puisqu'elle était de 53% pour la période 2002-2006, elle diminue très peu chez les femmes. La surmortalité était précédemment de 57%, souligne la revue éditée par l'agence sanitaire Santé publique France.

Les femmes plus en danger que les hommes

Elle note en particulier que "l'excès de mortalité par maladie cardiovasculaire", première cause de décès chez les diabétiques, "ne diminue pas" chez les femmes et a même augmenté -74% contre 68% il y a dix ans- et "reste élevé" chez les hommes, à 41% contre 62%.

"L'absence de diminution de la mortalité cardiovasculaire observée chez les femmes diabétiques pourrait être liée en partie à l'augmentation de leur consommation de tabac", estime le document. De plus, selon certaines études, l'activité physique a moins d'effet positif chez les femmes, tandis que l'obésité jouerait un rôle plus néfaste que chez les hommes.

3 millions de diabétiques en France

"Ces résultats rappellent l'importance des mesures de prévention des complications cardiovasculaires du diabète et soulignent que des progrès sont encore nécessaires", conclut l'étude.

En France, plus de 3 millions de personnes étaient traitées pour diabète en 2013. L'âge élevé, la sédentarité et le surpoids sont les principaux facteurs de risque. Selon un rapport de l'OMS publié au printemps dernier, plus 8.5% de la population adulte dans le monde souffre de diabète. Soit 422 millions de personnes. Un chiffre multiplié par quatre en une trentaine d'années.
Céline Hussonnois-Alaya avec AFP