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Gare aux risques de diabète de type 2 avec les boissons light

Obtenues par synthèse chimique ou extraites de végétaux, les substances appelées "édulcorants intenses" sont des additifs utilisés par l’industrie agroalimentaire pour leur pouvoir sucrant.

Obtenues par synthèse chimique ou extraites de végétaux, les substances appelées "édulcorants intenses" sont des additifs utilisés par l’industrie agroalimentaire pour leur pouvoir sucrant. - iStock - nensuria

Si les risques des boissons sucrées pour la santé sont de plus en plus connus, des chercheurs suédois ont démontré que les boissons "light" à base d'édulcorants sont également à limiter. Ces dernières seraient en effet associées à un risque de diabète de type 2, de plus en plus important en fonction de la consommation.

Pour limiter l'apport en sucre qu'apportent les boissons gazeuses ou autres, de nombreuses personnes privilégient leur version "light". Mais des études scientifiques ont démontré au fil des années que ce choix n'était pas plus judicieux, puisque l'intérêt nutritionnel de ce type de boisson est limité.

Les dernières conclusions de chercheurs de l'Institut Karolinska de Stockholm vont plus loin: ces boissons light sont même déconseillées pour la santé, les scientifiques mettant en garde contre un risque de diabète de type 2. Leur étude, relayée par The Guardian, établit que la consommation quotidienne de deux boissons sucrées ou artificiellement sucrées double ce risque. Et plus le nombre de boissons consommées par jour augmente, plus ce risque s'élève: cinq boissons sucrées ou light par jour multiplient par 4,5 la probabilité de diabète de type 2.

Ce dernier apparaît généralement chez les personnes de plus de 40 ans et son développement peut passer longtemps inaperçu. Il n'existe pas de cause précise mais un ensemble de facteurs favorisants répartis entre l'origine génétique et l'environnement (alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique). Des mesures hygiéno-diététiques sont conseillées, souvent accompagnées par la suite de traitements antidiabétiques oraux ou injectables.

Light ou non, l'effet sur la santé est quasiment le même

Les chercheurs se sont intéressés aux dangers des boissons gazeuses typiques ainsi que light en étudiant le niveau de consommation chez 2.874 adultes, dont la moitié étaient diabétiques. Outre le risque de diabète de type 2 multiplié en fonction du nombre de boissons consommées par jour, ces derniers ont également constaté qu'il n'y avait pas de grandes différences entre les effets nocifs des boissons sucrées classiques et ceux des boissons light.

Leurs données montrent en effet que 20 centilitres de boisson sucrée classique par jour augmentent le risque de diabète de type 2 de 21%, contre 18% pour les boissons light. La raison de ce phénomène se trouverait du côté des édulcorants artificiels que contiennent les boissons light (aspartame, extraits de stévia, sucralose) pour apporter un goût sucré sans les calories.

Leur rôle serait double puisque ces derniers perturberaient le fonctionnement de certaines bactéries intestinales, ce qui influencerait le métabolisme du glucose et la sensibilité à l'insuline, favorisant à terme l'apparition d'un diabète de type 2. Mais ils seraient par ailleurs associés à une sensation de faim plus importante, qui pousserait à consommer des aliments sucrés.

Le "light" favorise l'appétence pour le sucre

Une tendance qui a déjà été évoquée dans d'autres études scientifiques, comme l'explique l'Anses*. Dans un avis rendu public, l'agence explique en effet que "certaines études d’observation montrent que l’utilisation d’édulcorants intenses est paradoxalement associée à un gain de poids, sans que la causalité de cette association n’ait été établie".

Sur cette base, elle a estimé "qu’il n’existe pas d’élément probant permettant d’encourager la substitution du sucre par des édulcorants intenses dans le cadre d’une politique de santé publique". En France, ce risque avait déjà été pointé du doigt par l'Inserm** en 2013, dans une étude menée auprès de 66.188 femmes.

Ces travaux confirmaient une relation entre boissons sucrées et diabète de type 2 et révélait que contrairement aux idées reçues, le risque est plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons "light". "La relation pourrait s’expliquer d’une part par une appétence plus forte pour le sucre des consommatrices de ce type de boissons. D’autre part, l’aspartame induirait une augmentation de la glycémie et de ce fait une hausse du taux d’insuline, comparable à celle engendrée par le sucrose", avaient conclu les chercheurs.

*Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail  **Institut national de la santé et de la recherche médicale

Alexandra Bresson