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La Réunion: les soignants indignés après avoir reçu un stock de masques "pourris"

Des masques de protection FFP2.

Des masques de protection FFP2. - FRED DUFOUR / AFP

Passée au stade 2 de l’épidémie avec 94 cas confirmés de coronavirus, La Réunion s’inquiète de sa capacité à prendre en charge, dans de bonnes conditions, un afflux supplémentaire de malades. Le personnel soignant tire la sonnette d’alarme après avoir reçu un stock de masques FFP2 périmés.

L'épidémie de coronavirus n'en est qu'à ses débuts en Outre-mer, mais déjà les professionnels de santé et les politiques alertent sur une possible catastrophe sanitaire. D’autant que les personnels soignants de La Réunion affirment avoir reçu, mardi, un stock de 120.000 masques FFP2 "pourris", rapporte la chaîne de radio locale Réunion 1ère.

"Je préconise de ne pas les utiliser. Il faut isoler ces masques pour ne pas rajouter un problème à un autre", a préconisé sur la chaîne Claude Marodon, pharmacien à Saint-Denis et président de l'ordre des pharmaciens, qui raconte la forte odeur de moisissure qui se dégageait du lot qu’il a reçu.

Des stocks anciens

Le problème est que ces masques, essentiels pour le personnel soignant en ce temps de crise sanitaire, proviennent de réserves qui avaient été constituées "pour la protection du risque NRBC - Nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques ​​​​​​- et pour la protection du risque variole ou H1-N1". Ces masques - qui ont en principe une durée de vie de 4 à 5 ans - sont donc anciens, ce qui pourrait expliquer leur mauvais état.

Ils ont pourtant été contrôlés avant leur distribution. Un examen "visuel" positif a d’abord été effectué avant d’enclencher un second contrôle "plus poussé, analytique, par le pharmacien du CHU de La Réunion pour vérifier qu'ils étaient bien protecteurs, donc suffisamment étanches", précise à nos confrères l'Agence régionale de santé, qui enjoint les pharmaciens de l'île à "procéder à un nouveau contrôle avant distribution (...) Si des problèmes apparaissent, nous demandons aux officines de nous les restituer et dans ce cas nous les remplacerons nombre pour nombre en bon état."

Ambre Lepoivre