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IVG: les jeunes avortent moins qu’il y a dix ans

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- - zeevveez / Flickr CC

INFOGRAPHIE - Le taux de recours à l’IVG baisse depuis 2007 chez les moins de vingt ans, tandis qu’il augmente après 25 ans. Les chiffres publiés ce vendredi par le gouvernement soulignent également la difficulté d'avorter dans certaines zones.

En France, un avortement est pratiqué pour 3,5 naissances vivantes, selon les dernières statistiques du Ministère des Solidarités et de la Santé. Ce ratio stagne depuis près de 30 ans: il était en 1990 d’une interruption volontaire de grossesse (IVG) tous les 3,8 bébés. Derrière cette apparente stabilité, l’analyse par tranches d’âge révèle deux évolutions très marquées.

D’un côté, les jeunes recourent de moins en moins à l’IVG depuis une dizaine d’années. En 2007, 11 mineurs sur 1.000 avortaient, contre 6 mineurs sur 1.000 en 2017. Chez les 19-20 ans, le taux de recours à l’IVG est passé de 23 en 2007 à 17 en 2017. De l’autre, la pratique de l’avortement progresse après 25 ans. Le taux de recours à l’IVG a pris deux points pour la tranche d’âge des 25-39 ans, comme le montre le graphique ci-dessous.

Les 20-24 ans restent les plus concernées par l’IVG, puisque 2,7% des femmes de cette âge ont interrompu une grossesse l'an dernier. Mais les 30-34 ans avortent désormais proportionnellement plus que les 18-19 ans, une première depuis cinq ans.

Des parcours difficiles pour se faire avorter

Ces dernières années, de nombreuses campagnes ont été mises en places pour sensibiliser les jeunes à la contraception. Depuis 2013, les mineures peuvent par exemple se faire rembourser intégralement leur pilule contraceptive. Mais les progrès en matière d’éducation sexuelle n’expliquent pas totalement cette baisse de la proportion d’IVG chez les jeunes femmes. Plusieurs chiffres de la DREES témoignent de difficultés d’accès dans certains départements.

En France, une IVG sur vingt est réalisée entre 12 et 14 semaines d’aménorrhée (absence de règles), c’est-à-dire juste avant la limite légale. Dans les départements ruraux, comme la Somme ou la Côte d’Or, la situation est encore plus critique: 9% des avortements sont pratiqués très tardivement, soit près d’un sur dix.

Depuis janvier 2018, un hôpital de la Sarthe ne pratique plus d’IVG. Or, pour les mineures, il peut s'avérer compliqué de se déplacer dans un autre centre médical, sans la voiture de leur parent. En 2017, 19% des avortements ont été réalisés dans un autre département que celui de résidence de la patiente.

Emeline Gaube