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Ile-de-France: près de la moitié des médecins hospitaliers touchés par un épuisement professionnel

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Photo d'illustration - AFP

Cette étude confirme des taux élevés de stress, d’anxiété, de dépression et d’épuisement professionnel chez les médecins hospitaliers franciliens.

C’est une étude qui vient appuyer la mobilisation entamée dans les hôpitaux depuis plus de huit mois. Elle vient d’être publiée dans la revue internationale Psychiatry Research.

Ces travaux, coordonnés par les professeurs Patrick Hardy, Emmanuelle Corruble et Antoine Pelissolo, se fondent sur les réponses de 677 médecins, dont 285 psychiatres, en poste dans des hôpitaux et cliniques du sud et de l’est de l’Ile-de-France, sur les 1540 sollicités (taux de participation de 44%).

Plusieurs questionnaires ont été validés en ligne pour évaluer leur niveau de stress au travail, d’anxiété, de dépression et d’épuisement professionnel (burn-out) du personnel médical, et les facteurs de risque associés à ces différents états.

Epuisement plus fréquent chez les psychiatres

Première conclusion: près de neuf médecins sur dix (88,5%) rapportent un stress "excessif" lié à leur activité professionnelle. Il est considéré comme "intense ou très intense" par un quart d’entre eux (24,2), sans différence entre psychiatres et non psychiatres.

Un état d’épuisement est retrouvé chez près de la moitié des médecins, qu’il s’agisse d’un épuisement personnel (49%), d’un épuisement lié au travail (44%), ou d’un épuisement interpersonnel lié aux relations de travail (41%).

Dans le détail, l’épuisement interpersonnel est plus fréquent chez les psychiatres (45,3%) que chez les non-psychiatres (37,1%), et les psychiatres plus anciens dans la carrière sont plus touchés que les plus jeunes (55,9% contre 39,8%).

Symptômes dépressifs

Des symptômes dépressifs significatifs (état dépressif probable) sont retrouvés chez 11,1% des médecins. Une anxiété significative est retrouvée chez 28,6% des médecins, les psychiatres étant légèrement moins touchés que les non psychiatres (22,8% contre 33,7%).

Les deux principaux facteurs associés à l’ensemble de ces troubles sont la charge de travail (intensité et temps de travail excessifs) et la pression émotionnelle.

Margaux de Frouville