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Hôpital: la surcharge de travail des infirmières joue sur la mortalité des patients

Une infirmière à l'hôpital d'Angers (illustration).

Une infirmière à l'hôpital d'Angers (illustration). - -

Une vaste étude conduite dans neuf pays montre combien le niveau d'éducation et la charge de travail des infirmières jouent sur le taux de mortalité des patients.

La vie des patients pourrait être en jeu lorsque les infirmières sont surchargées de travail, selon une étude conduite dans neuf pays, publiée mercredi. Le rapport, paru dans la revue médicale The Lancet, met le doigt sur le point sensible des effectifs alors que dans bien des pays, les budgets santé sont sous pression.

Les chercheurs ont relevé les taux de survie après des opérations chirurgicales dans 300 hôpitaux et les ont mis en relation avec la charge de travail et le niveau d'éducation et de formation des infirmières. Les interventions chirurgicales concernaient plus de 420.000 patients de plus de 50 ans qui ont subi des opérations courantes comme celles de la hanche ou du genou, de la vésicule biliaire, des interventions vasculaires ou encore de l'appendicite.

Le nombre de patients morts à l'hôpital dans les trente jours suivant l'admission est très faible en moyenne: de 1 à 1,5%, selon les pays. Cependant au sein d'un même pays, ce taux de mortalité varie largement. Inférieur à 1% dans certains hôpitaux, il peut dépasser 7% dans d'autres.

Le niveau d'éducation joue énormément

Deux facteurs majeurs sont liés à cette mortalité plus élevée: une charge de travail plus importante et un niveau d'éducation plus faible des infirmières. La dotation en personnel infirmier et le niveau de formation varient grandement d'un pays à l'autre et même d'un hôpital à l'autre, notent les auteurs. En Espagne et en Norvège par exemple, toutes les infirmières ont l'équivalent du niveau de licence, contre 28% seulement en Angleterre, d'après eux.

Dans les hôpitaux où chaque infirmière est chargée de six patients en moyenne et où 60%, ou plus, de l'équipe a le niveau licence, le risque de décès du patient dans les 30 jours est pratiquement inférieur d'un tiers à celui des établissements où chaque infirmière a à sa charge huit patients et où seulement 30% d'entre elles possèdent ce degré d'éducation, selon les auteurs.

Les dangers de réduire les effectifs

A chaque patient supplémentaire par infirmier correspond une hausse de 7% du risque de mort pour le patient. Et chaque augmentation de 10% de la proportion d'infirmières qualifiées au niveau licence se traduit par une baisse de 7% de la mortalité, calculent-ils.

La réduction des effectifs infirmiers par souci d'économie pourrait affecter l'état de santé des patients, avertissent les auteurs, pour lesquels mettre davantage l'accent sur l'éducation de cette profession pourrait réduire les décès évitables à l'hôpital.

L'étude a été conduite en Belgique, Angleterre, Finlande, Irlande, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède et Suisse. Au Canada et aux Etats-Unis, des études abondent dans le même sens.

A. G. avec AFP