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Mort d'une sexagénaire à Cochin: Touraine veut "faire la lumière"

Une ambulance devant les urgences de l'hôpital Cochin, à Paris.

Une ambulance devant les urgences de l'hôpital Cochin, à Paris. - -

L'hôpital a ouvert une enquête interne jeudi "pour éclaircir les circonstances" du décès "inexpliqué" d'une sexagénaire samedi au service des urgences. La piste de la crise cardiaque est avancée.

Une femme de 61 ans, venue se faire soigner une blessure sans gravité aux urgences, a été retrouvée morte sur un fauteuil roulant dans le hall, à l'hôpital Cochin, samedi. L'établissement a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête interne "pour éclaircir les circonstances et les causes de ce décès", probablement dû à une crise cardiaque. Les résultats seront connus la semaine prochaine, selon la direction.

Par ailleurs, la ministre de la Santé Marisol Touraine a demandé jeudi à la direction des hôpitaux de Paris "de faire la lumière dans les meilleurs délais" sur les circonstances de ce décès.

Que s'est-il passé? D'après les premiers éléments, la sexagénaire a été conduite aux urgences par les pompiers vers 16h30 pour une blessure au pied, à la suite d'une chute sans signe de gravité. "La patiente a été prise en charge dans la demi-heure pour un premier examen, qui n'a pas, lui non plus, montré de signe de gravité objectif", explique le directeur de l'hôpital.

Elle a ensuite été "installée en zone de surveillance, à proximité des soignants", sur un fauteuil roulant, dans l'attente d'un médecin disponible. Peu de temps après, elle a été appelée pour une consultation, mais n'a pas répondu à l'appel de son nom. Ce n'est que vers 23 heures que l'équipe soignante de nuit, arrivée vers 21 heures, a constaté que la dame assise les yeux clos dans la salle était en réalité... décédée.

Le problème récurrent des effectifs

La piste d'un arrêt cardiaque est avancée. Pour la CGT, cette mort n'est pas forcément la conséquence d'un problème de prise en charge. "Je ne peux pas parler de négligence, ils ont fait leur travail, car si la patiente donnait l'impression de dormir dans le fauteuil, ce genre de situation peut passer inaperçu aux urgences", explique Marise Dantin, secrétaire générale du syndicat à Cochin, à BFMTV.

En revanche, elle reconnaît qu'il "n'est pas normal d'attendre six heures aux urgences, même si c'est devenu un fait courant".

L'hôpital indique que "les effectifs médicaux et paramédicaux étaient au complet". "L'activité du service d'accueil des urgences de l'Hôpital Cochin le samedi 15 février 2014 était dans la moyenne de celle observée ces dernières semaines", argue-t-il. Cependant, la CGT pointe du doigt la fermeture récente des urgences de l'Hôtel-Dieu, qui a impacté la fréquentation des autres hôpitaux parisiens. Mais pour Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP, il n'y a pas eu à sa "connaissance d'interférence avec la réorganisation de l'Hôtel-Dieu".

A. G. avec AFP