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Guerre des masques: le jour où le Grand Est a remporté une bataille

Des masque FFP2

Des masque FFP2 - Fred Dufour - AFP

La pandémie de coronavirus a donné lieu à une véritable guerre des masques. BFMTV raconte comment l'ARS Grand Est a réussi à négocier sur un tarmac début avril plusieurs milliers de masques destinés à ses hôpitaux.

La région Grand Est a été particulièrement touchée par la pandémie de Covid-19, et fait d'ailleurs actuellement partie des zones rouges en France, soumises à plus de restrictions que le reste du pays. BFMTV raconte comment, début avril, l'agence régionale de santé du Grand Est a dû batailler sur le tarmac d'un aéroport pour obtenir des masques, en pleine pénurie de protections sanitaires.

4 millions de masques attendus sur le tarmac

La scène se déroule dimanche 5 avril au matin, sur le tarmac de l'aéroport de Bale-Mulhouse, à la frontière entre la France, la Suisse, et l'Allemagne. L'Agence régionale de Santé du Grand Est attend de pied ferme cette commande de 4 millions de masques venus de Chine, qu'elle a décidé d'acheter en direct sans attendre que l'Etat ne le fasse.

Le directeur de l'ARS régional craint alors que les hôpitaux du Grand Est soient livrés trop peu et trop tard et a pris cette initiative sans avertir les autorités à Paris.

Pour rappel, début avril, plus des deux tiers des EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) du Grand Est étaient touchés par le coronavirus, et en tout plus de 1000 personnes étaient mortes des suites du Covid-19 dans la région, devenue l'une des zones de crise de l'épidémie en France. 

Négociation forcée sur le tarmac

Pour sécuriser l'opération, le directeur de l'ARS a demandé l'aide de l'armée. Son but est dissuasif, afin que l'importateur, un Français qui travaille pour une société hollandaise, ne cherche pas à l'arnaquer.

Mais quand l'avion atterrit, il ne contient pas le nombre de masques escomptés, il en manque 400.000, selon les informations obtenues par BFMTV. De plus, tous les masques ne sont pas dédiés au Grand-Est: l'importateur doit également livrer les Bouches-du-Rhône et la Bourgogne.

Le ton de la négociation monte et l'importateur finit par accepter de donner toute sa commande à l'ARS Grand Est, privant au passage ses autres clients de masques. Contre une rallonge de 200.000 euros, il va même leur proposer des masques FFP2: 99.000 masques qu'il devait livrer aux Hollandais. Ces protections ont ensuite rejoint les hôpitaux de la région.

Sarah-Lou Cohen avec Salomé Vincendon