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Gare au tigre du platane, insecte très présent cet été en Île-de-France

Vous vous êtes fait piquer et vous vous grattez? Le responsable n'est peut-être pas un moustique.

Peu connu, le tigre du platane (Corythucha ciliata) est un petit insecte piqueur-suceur d’environ 3 millimètres, aux ailes transparentes et dentelées. Comme son nom l'indique, il se nourrit de feuilles de platane, mais peut également piquer les êtres humains. Et il serait particulièrement présent en Île-de-France en ce début d'été.

Semblable aux punaises, ce parasite volant passe l'hiver sous l'écorce des platanes et en sort quand le printemps pointe son nez pour attaquer les feuilles nouvelles, comme l'explique à BFM Paris Julien Sénéchal, spécialiste des espaces verts à la mairie de Neuilly.

"Cet insecte a besoin du platane pour vivre et se développe à partir du mois d’avril. Il pond dans les feuilles et se multiplie assez fortement. Il cause des désordres avant tout esthétiques sur les arbres: les feuilles vont jaunir et chuter prématurément".

Si elles ne sont pas dangereuses, ces bestioles peuvent causer des démangeaisons parfois intenses. D'autant qu'il leur arrive de rentrer dans les habitations, de se coller aux murs ou aux vêtements. Mais les tigres du platane ne seraient toutefois à l'origine d'aucune allergie.

Les Hauts-de-Seine envahis

Le département des Hauts-de-Seine se trouve particulièrement concerné par le phénomène puisque "le platane y représente plus d'un tiers du patrimoine arboré".

"Le tigre du platane est originaire des États-Unis", explique le site du département. "Il est apparu en Italie dans les années 1960, puis dans le Sud de la France en 1975. Ce n’est que dans les années 2000 qu’il fait son apparition en Île-de-France."

Pour limiter les dégâts, la ville de Neuilly traite ses nombreux platanes en pulvérisant un produit naturel "avec des nématodes, des verres microscopiques qui tuent le tigre en parasitant son système digestif", détaille Julien Sénéchal.

Certains spécialistes alertent toutefois sur les méthodes de traitements, qu'ils estiment contreproductives:

"Ce qu’on préconise, c’est de renaturaliser la ville et de laisser un peu de place à tous les maillons de la chaîne alimentaire pour réguler naturellement toutes ces problématiques. On se rend très bien compte que le traitement n’est pas une solution à long terme: on a des résistances qui apparaissent, et ce n’est pas toujours efficace", assure Johan Hemminki, chargé d’études à l'Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France.

À plus long terme, la diversification des espèces d'arbres permettrait également de diminuer ces nuisances.

Léa Marie