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En Loire-Atlantique, 12 cas de cancers chez des enfants posent question

Un collectif de parents dont les enfants ont été frappés de cancers pédiatriques a recueilli trois nouveaux témoignages ces derniers jours.

Un cas, puis deux, puis trois…A Sainte-Pazanne, une commune de Loire-Atlantique située à une trentaine de kilomètres de Nantes, les cancers chez les enfants semblent un peu trop récurrents ces quatre dernières années.

Lundi, l'agence nationale de santé publique, saisie par l'agence régionale de santé (ARS) des Pays-de-la-Loire, a annoncé une étude épidémiologique sur neuf cas de cancers pédiatriques survenus depuis 2015. Ces derniers jours, le collectif "Stop aux cancers de nos enfants" a recueilli trois nouveaux témoignages de parents dont les enfants ont été touchés.

Une étude épidémiologique lancée par Santé publique France

"Les équipes d'épidémiologistes vont immédiatement débuter les investigations et études nécessaires", a confirmé à l'AFP Santé publique France, précisant que "les travaux de l'agence seront rendus publics". En tout, douze enfants et adolescents entre 3 et 19 ans ont été touchés, dont trois sont morts.

Cette accumulation de cas inquiète les parents comme Marie Thibaud, mère d'Alban, un petit garçon qui a développé une leucémie à 4 ans et est aujourd'hui en rémission. 

"C'était le 25 février, quand un copain d’Alban déclare à nouveau un cancer. C'est Alban, quand il apprend que son copain a son cancer, m'a dit: 'Il a une leucémie comme moi'. Donc je me suis dit que ce n'était plus possible, je suis une maman et il n’est pas question qu'il me repose cette question encore et encore", expliquait-elle il y a quelques jours au micro de BFMTV.

"On s'interroge, forcément, sur ce qu'on mange, les perturbateurs endocriniens, les produits d'entretien de la maison", développe dans Ouest-France Séverine, mère d'un enfant mort d'un cancer du sang à à peine 12 ans. "Nous avons besoin d'une étude scientifique pour savoir s'il y a ici des facteurs qui expliqueraient ces cancers."

Dans ce secteur sans industrie polluante, sans site Seveso (un établissement industriel dangereux présentant des risques d'accidents majeurs et placé sous haute surveillance), difficile de pointer un coupable. Il y a bien du radon, un gaz radioactif naturel, rappelle France 3 Pays de la Loire, mais aucun élément tangible à ce stade. Les résultats de l'enquête épidémiologique de Santé Publique France ne seront pas disponibles avant l'automne 2019.

Une réunion publique prévue jeudi

L'ARS avait reçu le 25 février "un signalement de la part d'un particulier, concernant trois cas de cancers pédiatriques, dont 2 leucémies aiguës", a-t-elle précisé dans un communiqué. Mais le premier signalement datait d'avril 2017: six cas de cancers pédiatriques, dont quatre cas de leucémies aiguës, avaient fait l'objet d'une investigation.

"Ces travaux ont conclu à un excès de cas de leucémies sur deux ans parmi les enfants de moins de 15 ans, par rapport aux données observées au cours des années précédentes sur ce même secteur" mais "l'analyse des facteurs de risques environnementaux n'a pas montré de cause prédominante", avait-elle conclu.

"On va essayer de comprendre et de mettre en place une procédure pour apporter des réponses à ces interrogations. Je n’ai aucun bout de piste d’explication", constate de son côté Bernard Morilleau, maire de Sainte-Pazanne, au micro de BFMTV. Une réunion publique est prévue ce jeudi à Sainte-Pazanne par l'agence régionale de santé et Santé publique France, en lien avec la municipalité.

Liv Audigane, avec Martin Cangelosi, Pierre-Emmanuel Becet et AFP