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Du Vicks Vaporub sous le nez contre le Covid? Le laboratoire réfute les conseils de Didier Raoult

Le professeur Didier Raoult lors d'une conférence de presse le 27 août 2020 à Marseille

Le professeur Didier Raoult lors d'une conférence de presse le 27 août 2020 à Marseille - Christophe SIMON © 2019 AFP

L'infectiologue, directeur général de l'IHU de Marseille et personnage public très médiatisé sur le front du Covid-19, Didier Raoult, agite une nouvelle fois l'actualité. Dans une vidéo publiée vendredi, il se demande à voix haute pourquoi on ne recommande pas aux Français de se badigeonner les narines entre autres de Vicks Vaporub, de vaseline pour se prémunir du Covid-19.

Fin juillet, le nom du professeur Didier Raoult avait reparu dans l'actualité au moment où on apprenait que l'Agence nationale de sécurité du médicament menait des investigations pour faire la lumière sur d'éventuels "manquements à la règlementation des essais cliniques" dans le cadre d'études conduites sur le Covid-19 par son IHU de Marseille.

Mais mardi, c'est pour une intervention plus personnelle dans le débat public qu'on l'a remarqué. L'infectiologue a en effet mis en ligne une nouvelle vidéo, enregistrée dans son bureau, intitulée "Il n'y a pas de thaumaturge", un terme qui fait référence au don de guérison miraculeuse, accordé par la Providence, que la tradition monarchique et religieuse prêtait aux rois, et qui a inspiré les travaux de l'historien Marc Bloch.

Dans cette vidéo longue de 17 minutes, Didier Raoult égrène notamment une liste de produits dont il s'étonne qu'on ne les teste pas pour en examiner l'effet éventuel sur la contagion par le virus. Or, la litanie des produits cités et le champ d'application qu'il imagine pour eux ont quelque chose d'inattendu.

"Le nombre de molécules qui s'accumulent qui ont une activité contre ce virus, qui ne coûtent rien, et qui sont anodines est considérable. Qu'est-ce que l'on attend pour les tester?" lance-t-il en préambule. Il passe alors à table: "Tester la cyclosporine, l'ivermectine... La paraffine dans le nez, la vaseline dans le nez qu'on a dans certains produits, je ne sais pas, le Vicks... est-ce que ça évite la contamination par le virus dans le nez, ou non?"

VapoRub monte au créneau

À l'évidence, Vaporub a déjà son idée sur une telle utilisation de sa pommade Vicks. Dans la soirée, la marque, qui appartient à un groupe américain, a ainsi réagi sur Twitter:

"Comme le précise la notice, VapoRub doit exclusivement être appliqué sur la poitrine et la gorge pour soulager une toux, et sur le muscle et les articulations en ce qui concerne les maux et douleurs. Il ne doit pas être appliqué ni sous le nez ni dans le nez, la bouche, ou ingéré". "Un produit huileux peut pénétrer les poumons si il est mal employé".

Sur son site, le journal L'Alsace est remonté d'une plongée dans la presse médicale avec des exemples de quelques conséquences déplorables d'un mauvais étalage de VapoRub par le passé, évoquant des cas d'"atteintes neurologiques graves" et surtout des pneumopathies lipidiques. Un mal ainsi défini dans le dictionnaire de l'Académie de médecine: "Pneumopathie (qui est elle-même une infection du poumon, NDLR) qui survient lorsque les lipides normalement contenus dans le tissu pulmonaire, principalement le cholestérol et ses esters, se libèrent des cellules alvéolaires détruites."

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV