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Didier Raoult accusé de propos "infamants" et de "calomnie" par le Conseil scientifique et la HAS

Didier Raoult, le 24 juin 2020, face aux députés

Didier Raoult, le 24 juin 2020, face aux députés - Capture BFMTV

Le Conseil Scientifique et la Haute Autorité de la Santé constestent à leur tour les propos tenus par le professeur au cours de son audition parlementaire.

Les accusations s'accumulent contre l'infectiologue. La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus a reçu deux nouveaux courriers contestant les propos tenus par Didier Raoult, auditionné la semaine dernière par les parlementaires. Le Conseil Scientifique et la Haute autorité de Santé accusent notamment le professeur d'y avoir tenu des propos "infamants" et qui relèvent de la "calomnie".

Dans un courrier en date du 30 juin et adressé à la commission, le groupe de scientifiques consulté par Emmanuel Macron au cours de la crise sanitaire considère que Didier Raoult a tenu des propos et insinuations "infamants et dépourvus de fondements".

Une "intention de tromper"

Les membres du Conseil scientifique accusent l'infectiologue de porter une confusion "entre les notions pourtant bien distinctes de liens et de conflits d'intérêts" avec une certaine forme d' "intention de tromper".

Ils soulignent que "dès leur nomination, les membres du Conseil scientifique ont rempli des déclarations publiques d'intérêts", celles-ci pouvant notamment faire état d'éventuels liens avec des entreprises pharmaceutiques.

Le Conseil scientifique souligne par ailleurs qu'"en l'absence de thérapeutiques validées au niveau international, le Conseil scientifique n'a pas délibéré sur l'usage de médicaments, et n'a pu en conséquence constater de conflit d'intérêt exigeant un éventuel déport d'un ou plusieurs de ses membres". Les membres condamnent enfin les propos "manifestement outranciers" du professeur marseillais "dont les intentions et les prétentions ne lui semblent plus guère relever du registre de la science".

L'intégrité de la HAS remise en question par l'infectiologue

La Haute Autorité de Santé a également répondu aux accusations de Didier Raoult à son égard: "affirmer devant la représentation nationale, de manière vague et non étayée, que la HAS est soumise à 'des conflits d'intérêt très sérieux', relève de la calomnie".

"Toute personne intervenant auprès de la HAS - agents, membres du collège, membres des commissions, experts - doit déclarer les liens d'intérêts qu'elle a eus au cours des cinq dernières années, avec les acteurs du monde de la santé", ajoute l'autorité publique qui précise que ces déclarations font l'objet d'une analyse par un comité présidé par un déontologue indépendant.

"La rigueur scientifique, l'indépendance, et la transparence sont les valeurs de l'institution que je préside [...] Je ne saurais accepter que la réputation de la Haute Autorité de Santé, son sérieux et son intégrité soient remis en cause", conclut la Pr Dominique Le Guludec. La présidente de la HAS se dit être à l'entière disposition de la commission pour répondre à d'éventuelles questions autour de la HAS.

Mercredi, le directeur de l'AP-HP, Martin Hirsch, avait affirmé que Didier Raoult avait délivré un "faux témoignage" devant les députés en mettant en cause la qualité des soins prescrits aux patients Covid dans les hôpitaux parisiens.

H.G. avec AFP