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Des résultats prometteurs dans la détection du Covid-19 par des chiens renifleurs

Un chien est entraîné à détecter par l'odorat un tissu infecté par le nouveau coronavirus à Maison-Alfort, le 13 mai 2020 près de Paris

Un chien est entraîné à détecter par l'odorat un tissu infecté par le nouveau coronavirus à Maison-Alfort, le 13 mai 2020 près de Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Deux études, allemande et française, avancent que des chiens renifleurs peuvent détecter une odeur spéficique du Covid-19 sur des tissus infectés par le virus.

Les chiens peuvent détecter des explosifs, de la drogue et certaines maladies, comme le cancer ou le paludisme. Mais peuvent-ils également permettre de dépister les personnes atteintes du Covid-19? C'est la question que se posent depuis plusieurs mois deux équipes de chercheurs, allemande et française. Et elles ont récemment obtenu des "résultats prometteurs", rapportent l'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France dans un communiqué diffusé ce lundi.

Une odeur spécifique au Covid-19

L'idée de départ, envisagée par des équipes pluridisciplinaires (vétérinaires, médecins, biologistes, maîtres-chiens), était "d’utiliser l’olfaction des chiens pour détecter les patients atteints de Covid-19" afin de "répondre à la demande mondiale d’un test de dépistage rapide, simple, non invasif, sensible et spécifique, afin de soulager les laboratoires de biologie médicale", peut-on lire dans le communiqué.

Les animaux à quatre pattes ont été entraînés pendant deux à trois semaines pour reconnaître une odeur spécifique du Covid-19. Celle qui correspond à l'association de composés organiques volatils spécifiques ou de substances métaboliques, produits par un organisme malade, appelés volatilome ou VOC pour volatile organic compounds. Ce volatilome, présent dans le sang, se retrouve ensuite dans l'air expiré, l'urine, la salive, les excrèments solides, le lait et la sueur.

Huit chiens et 10.338 échantillons

L'étude allemande, menée par l'Université vétérinaire de Hanovre, a été réalisée avec 8 chiens et 10.388 échantillons salivaires et trachéobronchiques. Elle a conclu à une sensibilité de 82,6% et à une spécificité de 96,3%. La sensibilité cherche à mesurer qu'un test est bien positif sachant que la personne est malade, alors la spécificité entend démontrer qu'un test est bien négatif sachant que la personne n'est pas malade.

Les résultats sont similaires concernant l'étude française de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort, qui a elle réalisé 368 essais avec 8 chiens en se servant de sueur axillaire, soit de la transpiration issues des aisselles. Quatre chiens ont été efficaces à 100% pour trouver les échantillons contaminés et les quatre autres l'ont été à 83%, 84%, 90% et 94%.

"Les deux études montrent que des chiens renifleurs entrainés sont capables de reconnaître une odeur spécifique du Covid-19", conclut le communiqué.

Des évaluations à compléter

Les recherches ont été réalisées dans "dans le respect du bien-être animal", assurent par ailleurs l'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France. Si les résultats sont prometteurs, ils ne sont pas encore définitifs.

Les deux académies demandent, désormais, "de compléter l'évaluation scientifique et le développement du nouveau test afin de le mettre en oeuvre dans les meilleurs délais". Des études avec des échantillons plus importants devront, de fait, être menées.

Clément Boutin Journaliste BFMTV