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Des paquets de cigarettes à 11 euros d'ici 2020?

Cigarettes à la vente dans un bar-tabac de Paris le 27 février 2014.

Cigarettes à la vente dans un bar-tabac de Paris le 27 février 2014. - -

Certains sénateurs souhaitent voir le prix du tabac augmenter encore plus significativement d'ici cinq ans. Le prix du paquet de cigarettes le moins cher dépasserait alors les 11 euros.

Le tabac est responsable de 73.000 décès chaque année en France. Pour en limiter la consommation, le gouvernement augmente régulièrement les prix du paquet de cigarettes. Entre 2004 et 2011, ceux-ci ont grimpés de plus de 25% alors que les ventes se maintenaient. Les fabricants de tabac se seraient même enrichis et l’État aurait engrangé davantage de recettes.

Face à ce constat, des sénateurs estiment que les hausses à répétition de ces dernières années n'ont pas été suffisantes. Selon eux pour dissuader les fumeurs, il faut aller beaucoup plus loin. Un rapport de la Commission des affaires sociales du Sénat préconise ainsi le passage du prix du paquet de cigarettes à plus de 11 euros à l'horizon 2020.

Les buralistes dénoncent une "diabolisation" de leur profession

Des fumeurs admettent "qu'au-delà du prix symbolique de 10 euros, cela pourrait avoir un impact" mais prévienne qu'en cas de nouvelle augmentation, ils iront s'approvisionner hors de France. "On peut aller ailleurs et ramener nos cartouches de cigarettes" préviennent-ils. L'approvisionnement hors des frontières français est déjà une réalité puisque dans les pays membres l'Union européenne les prix du tabac sont beaucoup moins élèves, du fait d'une législation propre à chaque pays.

Les buralistes eux pestent déjà contre cette éventuelle hausse. Ils estiment même être stigmatisés. "Aujourd'hui, on est un peu le vilain petit canard qui vend des cigarettes, qui vend de l'alcool et qui automatiquement pousse à tous les vices" avance Julien, buraliste dans un bar-tabac de Paris. "Si l'on peut m'affirmer que cela fait baisser la consommation, oui. Mais pour l'instant on ne peut pas me l'affirmer" poursuit-il.

Les sénateurs se sont également penchés sur la question du vin, mais il est difficile d'envisager une quelconque augmentation. Taxer cet alcool cher aux Français reste tabou.

A.M. avec Romain Zlatanovic et Guillaume Bernhard