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De plus en plus de cas de personnes brûlées aux pieds par des chaussures neuves

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Cristina Quicler-AFP

Les symptômes sont à chaque fois les mêmes: apparition de cloques, sensation de brûlure et gonflement des pieds quelques heures après avoir porté la paire de chaussures neuves.

Les pieds brûlés par une paire de chaussures neuves. Le Parisien a rapporté dimanche la mésaventure vécue par Katya Lemaitre, une sexagénaire originaire du Pas-de-Calais. Cette dernière a eu les pieds grièvement brûlés au mois de juin dernier après avoir porté les sandales qu'elle venait d'acheter.

"Des cloques sont apparues"

"Au bout de quelques heures, je sentais bien que j'avais les pieds chauds mais je cavale beaucoup. C'est la nuit que ça a gonflé et la sensation de brûlure est devenue insupportable. Des cloques sont apparues, je ne pouvais plus poser les pieds à terre. J'ai dû attendre le lundi, les pieds dans une bassine, pour consulter."

Alertée, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes lui a rendu visite. Une inspectrice a placé les chaussures fabriquées en Turquie sous scellés et s'est procuré la même paire en magasin afin de procéder à des analyses. 

Le diagnostic du médecin de Katya Lemaitre est sans appel: il s'agit d'une brûlure causée par un produit chimique. La sexagénaire se voit prescrire sept jours d'incapacité totale de travail. Malgré les calmants, il lui faudra dix jours pour commencer à marcher sur les talons.

Le diméthylfumarate dans le viseur

Le responsable serait le diméthylfumarate, un produit chimique antimoisissure particulièrement irritant, qui avait déjà causé de graves brûlures il y a une dizaine d'années dans l'affaire des canapés chinois. En France, plus d'une centaine de personnes avaient été brûlées.

La Finlande, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède avaient également connu des cas similaires. Ce qui avait entraîné en 2009 l'interdiction de la mise sur le marché des produits contenant du diméthylfumarate au sein de tous les pays de l'Union européenne.

Depuis la plainte de Katya Lemaitre, "huit personnes se sont signalées à la Direction départementale de la protection des populations du Pas-de-Calais", indique le quotidien. La préfecture du Nord appelle d'ailleurs les éventuelles autres victimes à se faire connaître.

D'autres cas similaires

Ce n'est en effet pas le premier cas de ce genre. La Voix du Nord a rapporté ces derniers jours des incidents similaires. Mais pour Joëlle Féliot, directrice de la Direction départementale de la protection de la population (DDPP) du Nord, la prudence est de mise. 

"C'est difficile à dire, il n'y a pas de généralité", pointe-t-elle dans le quotidien régional. "Les allergies cutanées peuvent être provoquées par une multitude de substances. Il n'y a pas que le diméthylfumarate."

Des brûlures qui pourraient avoir de graves séquelles à long terme. Nord Littoral raconte le cas de ce Calaisien qui souffre depuis six ans à cause d'une paire de sandales en cuir. "Je reçois des soins quotidiennement", témoigne-t-il. "Je dois désinfecter et changer mes bandages tous les jours."

En 2015 déjà, une mère de famille résidant dans la Somme expliquait à La Voix du Nord comment sa petite fille de 3 ans avait eu les pieds brûlés par une paire de chaussures neuves. Douze jours après les avoir enfilées, la fillette continuait de hurler de douleur la nuit.

Céline Hussonnois-Alaya