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Covid-19: Véran s'attend à une nouvelle hausse des hospitalisations mais exclut un tri des malades

Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 24 octobre 020 à l'Hôpital Nord de Marseille

Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 24 octobre 020 à l'Hôpital Nord de Marseille - NICOLAS TUCAT © 2019 AFP

Le ministre de la Santé note ce dimanche chez nos confrères de France Inter un ralentissement de la progression de l'épidémie en France. Une tendance qui ne s'observe pas encore dans les hôpitaux.

Quels seront les effets du reconfinement national? Invité ce dimanche midi de Questions Politiques sur France Inter, Olivier Véran a déclaré que les hôpitaux français vont encore être confrontés à une hausse des admissions et des entrées en réanimation dans les prochains jours.

"Nous savons qu'il y aura de toute façon une augmentation des hospitalisations et des réanimations dans les prochains jours puisque c'est le reflet de la situation épidémique d'avant le confinement", note le ministre de la Santé chez nos confrères.

"Un ralentissement de la progression de l'épidémie"

Si Olivier Véran constate une baisse de certains indicateurs épidémiologique comme le taux de reproduction ainsi que le taux d'incidence dans la population française, il est encore trop tôt pour que cette tendance se reflète au sein des établissements hospitaliers.

"Les mesures que nous avons prises avant le confinement ont permis un ralentissement de la progression de l'épidémie", observe le ministre de la Santé.

Une efficacité toutefois jugée "insuffisante" par le ministre ce qui a conduit le chef de l'État a annoncé la remise en application fin octobre d'un nouveau confinement.

"Cela nécessite des déprogrammations de soins"

Et s'il faudra encore attendre plusieurs jours avant que la tension hospitalière ne soit moins élevée, le ministre de la Santé assure qu'aucun tri de malades du Covid-19 ne se fait aujourd'hui.

"A l'heure à laquelle je vous parle les malades ne sont pas refusés ni en réanimation ni en urgence ni dans les lits d'hospitalisations. Mais cela nécessite des déprogrammations de soins dans les hôpitaux qui voient la vague monter", reconnaît Olivier Véran, "c'est une opération incroyablement compliquée qui mobilise toutes les structures administratives dans les hôpitaux et dans les médecines de ville de manière à pouvoir permettre d'accepter tous les malades".

Le ministre précise que les soins les plus urgents tels que les activités de greffe ou la chirurgie cancérologique soint maintenus, "mais les activités qui peuvent être repoussées sont repoussées".

4410 patients en réanimation

Un choix pris mais qui ne permettrait de désengorger les hôpitaux que pour un temps. Dans une interview accordée samedi au journal Le Monde, Bertrand Guidet redoute cette fois-ci qu'un terrible dilemme se pose pour les médecins.

"Comment va-t-on tenir dans la durée? Il y a des malades qui ne seront pas pris en réanimation. On s’y prépare", s'inquiète le chef du service de réanimation à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Selon Santé Publique France, 4410 patients se trouvent actuellement en réanimation pour une infection à Covid-19 et ce, pour 6400 lits. Une tension de plus en plus grandissante au regard des 394 nouveaux cas graves admis dans ces services entre vendredi et samedi dernier. Et que la France a passé le cap des 40.000 morts samedi.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV