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Covid-19: vacciner 90% de la population adulte en France, un objectif réalisable?

Selon les dernières modélisations de l'Institut Pasteur, il faudrait que 90% des adultes soient vaccinés en France pour espérer un retour à une vie normale en octobre en prenant en compte la présence des variants plus contagieux.

Une immunité collective revue à la hausse. Les dernières modélisations de l'Institut Pasteur avancent que la vaccination contre le Covid-19 devra être beaucoup plus importante que prévue afin de pouvoir espérer une levée définitive des restrictions en France.

Alors que les seuils de 60 et 70% de la population immunisée étaient jusqu'ici évoqués pour freiner le virus, l'institut avance que l'arrivée des variants plus contagieux, notamment le variant anglais, fait craindre un taux de transmission plus élevé du virus, un scénario "réaliste" obligeant donc à ce que la couverture vaccinale soit bien plus importante.

Une couverture vaccinale plus importante à cause des variants

"Le niveau de contagiosité impacte sur le niveau d'immunité collective", explique à BFMTV.com l'immunologiste et directeur de recherche à l'Inserm Cecil Czerkinsky, "plus les variants prédominent, plus il sera difficile d'obtenir une couverture vaccinale suffisante".

Selon l'Institut Pasteur, il faudrait en effet que 90% de la population adulte (18 ans et plus) soit vaccinée contre le Covid-19 pour "que le nombre d’hospitalisations ne dépasse pas 1000 admissions journalières". Cecil Czerkinsky relève qu'une telle couverture vaccinale n'a jamais été atteinte au sein de la population adulte pour un vaccin non obligatoire.

"Si on ne vaccinait que les personnes les plus fragiles, ce ne serait pas suffisant", note ce matin dans Le Parisien Simon Cauchemez, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et auteur de ces modélisations.

Vers une vaccination obligatoire? "Pour l'instant cela n'a pas vraiment de sens"

Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, 9.296.131 Français ont reçu une dose de vaccin (environ 14% de la population), et 3.109.768 ont été totalement vaccinés contre le Covid-19 (environ 4,7%). La dernière enquête Coviprev datant de la mi-mars estimait que plus de la moitié des personnes interrogées (56%) n'ayant pas été vaccinées répondaient alors vouloir "certainement ou probablement" se faire vacciner contre le coronavirus et ce, dès que cela leur sera possible.

On atteindrait donc une couverture vaccinale d'environ 65-70% de la population adulte, insuffisant donc pour espérer un allègement total des restrictions sanitaires à l'automne prochain.

Faut-il alors tendre alors vers la vaccination obligatoire? "Pour l'instant elle n'a pas vraiment de sens", nous répond Cecil Czerkinsky. "On ne peut pas rendre obligatoire un vaccin si on n'est pas sûr qu'il est efficace contre l'infection".

La piste de la vaccination chez les enfants

Survient alors un autre scénario pouvant sembler plus réaliste: celui de faire vacciner les enfants. L'autre piste avancée par les prévisions de l'Institut pasteur mise en effet sur une couverture vaccinale de 60 à 69% des personnes âgées de moins de 64 ans, mineurs compris, et de 90% des personnes âgées de 65 ans, pour espérer une levée des restrictions sanitaires.

"La vaccination chez les enfants a un gros effet", observe Cecil Czerkinsky. Pour l'immunologiste, la vaccination des enfants contre le coronavirus est sans doute une piste intéressante.

Reste que celle-ci, si elle venait à être autorisée, ne permettrait pas une couverture vaccinale suffisante chez les plus jeunes d'ici l'automne 2021 selon Cecil Czerkinsky, la vaccination des enfants devant se faire selon lui par tranches d'âge.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV