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Covid-19: une campagne de dépistage massif aura lieu à Lille, à Saint-Étienne et au Havre

Une campagne de dépistage du Covid-19 va être lancée en France et trois villes vont servir d'expérimentation, a annoncé Emmanuel Macron ce mercredi: il s'agira de Saint-Étienne, de Lille et du Havre.

Trois campagnes de dépistage massif du Covid-19 vont être lancées à Lille, Saint-Étienne et Le Havre, a-t-on appris ce mercredi, à l'issue du déjeuner entre Emmanuel Macron et le président du Sénat Gérard Larcher, ainsi que les chefs de groupes politiques au Palais-Bourbon.

Ce mercredi matin sur RMC et BFMTV, le Premier ministre Jean Castex avait déjà évoqué trois territoires d'expérimentation, le Nord, la Normandie et l'Auvergne-Rhône-Alpes, en privilégiant des zones où il y a "pas mal de population". "On va essayer" avant les fêtes, a-t-il ajouté, en prévenant que l'opération se ferait "sur la base du volontariat".

L'idée du "mass-testing" est simple: tester rapidement et massivement sur un territoire donné permettrait de manquer beaucoup moins de cas positifs qu'à l'heure actuelle. "Le virus ne circule pas qu'à travers les personnes malades mais à travers des gens qui ne se savent pas contagieux. Il faut donc les trouver. Cela ne peut se faire qu'en testant tout le monde", explique notamment à l'AFP Catherine Hill.

Des tests déployés dans les lycées, les entreprises

Dans un document transmis à l'Elysée, une dizaine de scientifiques préconisent un dépistage national, soit 60 millions de personnes en deux semaines, en commençant par une expérience pilote dans la métropole européenne de Lille.

De son côté, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, avait promis mi-novembre une campagne massive pour ses 8 millions d'habitants la semaine avant Noël. Celle-ci devrait être déployée dans "les lycées, les entreprises, ainsi que dans les territoires plus ruraux" grâce à des cars, a fait savoir Laurent Wauquiez sur notre antenne.

"On fera vraisemblablement la première campagne de tests massive à partir de la semaine juste avant les fêtes de Noël", a-t-il répété ce mercredi au micro de BFMTV dans l'idée que "tout le monde puisse se faire tester (...) gratuitement et de façon très rapide avant les fêtes afin de protéger sa famille et ses proches".

Le dépistage de masse, quelle utilité?

"Les tests massifs ont une valeur pédagogique et permettent de savoir exactement ce qu'il se passe à l'instant 0 et de préparer l'avenir", explique sur notre antenne Philippe Froguel, professeur au CHU de Lille et signataire de la note à l'Elysée. "C'est de la pêche au gros, un screening complet", résumait récemment une source au ministère de la Santé.

Mais pour d'autres scientifiques, le dépistage de masse n'est pas une panacée. "L'idée est très séduisante, mais elle a une limite: chez les personnes asymptomatiques, il y a une fenêtre de deux ou trois jours où on ne détecte pas le virus (...) On ne peut pas dépister tous les cas infectés", avait expliqué l'immunologue et président du Conseil scienifique Jean-François Delfraissy le 20 novembre dans un entretien au Monde.

L'agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, contactée par BFMTV, confirme que cette expérimentation est "à l’étude au ministère des Solidarités et de la Santé". Elle nuance cependant et précise qu'"aucun site urbain n'est arrêté à ce jour".

"Si un tel projet est confirmé pour les Hauts-de-France, l’ARS travaillera à identifier sa localisation dans la perspective notamment de circonscrire une éventuelle reprise de la transmission virale. Si le projet à l'étude concerne bien un territoire du Nord, aucun site urbain n’est arrêté à ce jour", tempère encore l'agence de santé régionale.

Par ailleurs, lors de son déjeuner avec Gérard Larcher ce mardi, le chef de l'État a également dit qu'il ne croyait pas à des mesures de coercition au sujet de l'isolement des cas positifs au Covid-19, et a évoqué la possibilité de lever le jour de carence pour les personnes déclarées positives au sein de la fonction publique.

Emmanuel Macron a aussi affirmé qu'un débat sans vote était possible au Parlement au sujet du futur vaccin contre le Covid-19 et à propos de la campagne vaccinale qui s'annonce, estimant que cela pourrait avoir lieu avant Noël.

Benjamin Duhamel avec Jeanne Bulant