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Covid-19: un masque de plongée Décathlon transformé en protection pour les soignants en 17 jours

Près de 4000 masques seraient désormais prêts à être distribués en France, tandis que la production se poursuit à hauteur de plusieurs milliers de dispositifs par jour.

Par manque de moyens et de matériaux suffisamment sécurisés pour faire face au Covid-19, le personnel médical a souvent été forcé d'improviser. Et dès les premiers jours de l'épidémie en France, plusieurs marques, dont LVMH et Décathlon, avaient proposé leur aide, dans un élan de solidarité.

En ce qui concerne l'enseigne de grande distribution d'articles de sport, un article en particulier avait attiré l'attention des observateurs, l'Easybreath, un masque de snorkeling qui, une fois équipé d'un dispositif 3D, pouvait devenir un outil de protection extrêmement intéressant. Dans la foulée, Décathlon avait assuré que les stocks de ces masques seraient réservés aux soignants.

Travail collaboratif 

Quelques semaines plus tard, dans un article publié ce mardi, le CNRS informe que ces nouveaux dispositifs sont désormais prêts. On y apprend en effet que grâce à un "consortium éphémère rassemblant des scientifiques, des industriels, des médecins et des experts en réglementation", l'usage premier des masques a été détourné pour en faire un outil de protection efficace. Mieux encore, cette prouesse a été réalisée en seulement 17 jours. 

La publication souligne ainsi que qu'un adaptateur "permettant de relier le masque intégral à un filtre antiviral et antibactérien" a ainsi été créé selon l'idée de Manu Prakash, bio-ingénieur à l’Université de Stanford et membre du mouvement Maker, dont l'idée est de proposer des solutions inattendues à partir d'objets du quotidien. 

Ce travail, réalisé entre San Francisco, dans le Finistère et à Paris, a été collaboratif et, côté français, plusieurs membres du service hospitalier dont le chef du service de réanimation du CHRU de Brest, le professeur Erwan L’her, ont pris part à l'aventure. En ce qui concerne le moule de l'adaptateur, c'est l'entreprise Bic qui s'en est chargée, elle aussi en un temps record, souligne le CNRS.

4000 masques prêts a être distribués

Dès la mise au point de ces nouveaux outils, ils ont été testés en milieu hospitalier et ont obtenu une autorisation de mise sur le marché par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en tant qu’équipement de protection individuelle (EPI). 

Comme le souligne une nouvelle fois le CNRS, des milliers d'adaptateurs sont désormais produits quotidiennement das l'usine Bic située dans la ville de Redon, en Ille-et-Vilaine. Dans les jours à venir, près de 4000 masques prêts à l'emploi seront ainsi distribués dans les services de réanimation qui le souhaitent. Ils sont réutilisables à l'infini. 

"Nous commençons tout juste à fournir les hôpitaux qui le demandent sur la base d’un formulaire en ligne. Nous envisageons aussi de déployer ce dispositif dans l’hémisphère Sud, où la pandémie démarre quelques semaines après l’Europe ou les Etats-Unis, avec l’hiver en ligne de mire. S’il y a une deuxième vague, nous serons prêts", conclut Colomban de Vargas, directeur d’Unité au CNRS et océanographe à la Station biologique de Roscoff.
Hugo Septier