BFMTV

Covid-19: selon l'Inserm, le virus circulait déjà en France en novembre 2019

Le coronavirus vu au microscope - Image d'illustration

Le coronavirus vu au microscope - Image d'illustration - AFP

Les chercheurs se sont appuyés sur les statistiques de la cohorte Constances, qui regroupe les données de 200.000 adultes français.

Depuis combien de temps le Covid-19 circule-t-il en France? Officiellement, le "patient zéro" dans le pays a été identifié le 24 janvier 2020, il s'agit d'un Français d'origine chinoise, hospitalisé à Bordeaux, qui est aujourd'hui totalement remis de la maladie.

Le même jour, deux touristes chinois ayant séjourné à Wuhan, épicentre mondial de la pandémie, étaient également testés positifs et l'un d'eux, âgé de 80 ans, est ensuite mort dans le service de réanimation de l'hôpital Bichat à Paris. Ces trois contaminations étaient également les premières dans l'espace européen.

Depuis, la date de la première contamination sur le territoire national a souvent été contestée. Selon une étude de l'Inserm publiée ce mercredi, le Sars-CoV2 circulerait en réalité depuis novembre 2019 en France.

Des anticorps détectés chez 13 patients avant janvier 2020

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont appuyés sur une analyse rétrospective de 9144 échantillons de sérum collectés entre le 4 novembre 2019 et le 16 mars 2020 dans 12 régions de France métropolitaine. Les personnes examinées faisaient partie de la cohorte Constances, qui depuis 2012 est utilisée afin d'étudier l'évolution de la santé de 200.000 adultes Français.

Ainsi, parmi les dossiers sélectionnés, un test positif aux anticorps du SARS-CoV-2 a été noté chez 353 patients, dont 13 ont été prélevés entre novembre 2019 et janvier 2020.

Afin d'affiner encore cette recherche, des enquêtes ont été menées auprès de ces 13 individus. Il s'avère que pour 11 d'entre eux, dès novembre 2019, il existait "des symptômes pouvant être liés à une infection par le virus responsable de la Covid-19 ou à des situations à risque d’exposition potentielle au SARS-CoV-2." Cinq participants ont en effet présenté des signes de maladies respiratoires virales, et "huit ont été en contact étroit avec des personnes qui présentaient de tels signes", souligne l'étude, publiée dans l'European Journal of Epidemiology.

Contacté par Le Monde, le professeur Fabrice Carrat, directeur de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique (Inserm, Sorbonne Université), estime que ces données sont intéressantes à bien des égards. "Ces résultats suggèrent que dès les mois de novembre et décembre, le taux de contamination dans la population française est déjà de l’ordre d’un cas pour mille", précise-t-il.

Des soupçons dès mai 2020

Ce n'est ainsi pas la première fois que l'idée selon laquelle le coronavirus est apparu en France en janvier 2020 est contestée. En mai dernier, le professeur Yves Cohen, chef du service réanimation des hôpitaux Avicenne à Bobigny, et Jean Verdier à Bondy, en Seine-Saint-Denis, avait assuré sur notre antenne que les premières traces de la maladie remontaient en réalité au 27 décembre 2019 au moins.

"On a repris toutes les PCR testées chez des patients atteints de pneumonie en décembre et janvier dont les résultats étaient négatifs. Les PCR ne sont pas faites pour le Covid-19, mais pour la grippe et d'autres coronavirus. Et sur les 24 patients, nous avons eu un cas positif au Covid-19, le 27 décembre, quand il était hospitalisé chez nous, à Jean Verdier", avait-il exposé.

De même que pour l'étude de l'Inserm, une enquête poussée a ensuite été réalisée. "Nous avons appelé le patient. Il a été malade 15 jours et il a contaminé ses deux enfants, mais pas sa femme. [...] Puis on apprend par hasard qu'elle (la femme du patient, ndlr) travaille à côté des ventes du sushis où des gens d'origine chinoise travaillent. On se demande si elle n'a pas été atteinte ainsi de manière asymptomatique", avait développé Yves Cohen.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV