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Covid-19: les malades gravement atteints mieux protégés contre une nouvelle contamination?

L'hôpital Cochin à Paris en 2017

L'hôpital Cochin à Paris en 2017 - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Une étude de l'Institut Pasteur dévoilée ce jeudi indique que les personnes contaminées et asymptomatiques développeraient, à l'inverse, peu d'anticorps pour les protéger face à une nouvelle infection.

Les personnes plus gravement atteintes par le coronavirus seront-elles mieux protégées par la suite contre une nouvelle infection? C’est en tout cas ce que semble indiquer l’étude épidémiologique de l’Institut Pasteur, dévoilée ce jeudi, réalisée dans un lycée à Crépy-en-Valois dans l'Oise, l’un des premiers foyers épidémiques du Covid-19.

Celle-ci indique que les malades hospitalisés ont développé davantage d’anticorps neutralisants que les personnes contaminées n’ayant pas eu de graves symptômes. 

Des anticorps chez 3% des asymptomatiques 

L'étude a été réalisée du 30 mars au 3 avril dans ce lycée lié à l'un des premiers foyers de cas d'infection en France. Au sein de ce cluster, les malades hospitalisés, c’est-à-dire ayant des symptômes importants, ont développé des anticorps avec une activité neutralisante entre 7 et 14 jours après, rapporte Le Parisien. Au contraire, “une présence d’anticorps a été observée chez 32% des patients avec des signes légers et chez 3% des asymptomatiques”.

"Ce n'est pas encore formellement démontré"

Le fait de produire des anticorps efficaces contre une nouvelle contamination, comme c’est le cas pour la grippe ou la rougeole, lorsqu'on a été atteint par le coronavirus n’est pas encore une certitude pour la communauté scientifique.

“En fonction du type d’infections, de la personne elle-même, le niveau d’anticorps et la qualité de ces derniers peut être différents”, explique à BFMTV le responsable de l'unité virus et immunité de l'Institut Pasteur, Olivier Schwartz.

“Il faut faire attention, on ne sait pas encore si la présence d'anticorps dit neutralisants est associée à une protection contre une nouvelle infection”, poursuit-il. “C’est probablement le cas mais ce n’est pas encore formellement démontré.”

"Des résultats rassurants"

Au lycée de Crépy-en-Valois dans l'Oise, 26% des enseignants, lycéens et leur famille ont été infectés et possèdent des anticorps contre le virus. C'est loin des 60% à 70% espérés dans la population générale pour développer une immunité de groupe suffisante pour stopper l'épidémie. Et ce, sous réserve que les anticorps soient réellement protecteurs contre le coronavirus et que cette immunité perdure au moins plusieurs mois.

Dans le cadre de la mission d'information sur le Covid-19 de l'Assemblée nationale, le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a affirmé ce jeudi “qu’après une infection confirmée, une, deux ou trois semaines après apparaissent des anticorps”, ajoutant que ce phénomène a été observé chez “99% personnes testées” et que “ces anticorps sont protecteurs”.

“Des résultats rassurants”, juge-t-il, tout en reconnaissant que “nous avons besoin de consolider ces données”.
Esther Paolini