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Covid-19: les candidats vaccins empêchent-ils de transmettre le virus?

Une personne se fait vacciner contre la grippe en 2017 à Ajaccio (illustration)

Une personne se fait vacciner contre la grippe en 2017 à Ajaccio (illustration) - PASCAL POCHARD-CASABIANCA © 2019 AFP

Plusieurs laboratoires ont vanté l'efficacité de leur candidat-vaccin. Mais ces annonces soulèvent de nombreuses questions, notamment sur leur capacité à empêcher la transmission du coronavirus.

La course aux vaccins s'intensifie. Lundi, la société de biotechnologie américaine Moderna a affirmé dans un communiqué que son candidat vaccin mRNA-1273 contre le Covid-19, actuellement en phase 3, était efficace à 94,5% pour réduire le risque de contracter la maladie. Une annonce qui s'ajoute à celle de l'alliance Pfizer/BioNTech et son candidat-vaccin, censé être efficace à 90% et celle de la Russie, qui promet 92% d'efficacité pour son candidat vaccin Spoutnik-V.

Il ne s'agit cependant que de résultats intermédiaires, tempère ce mardi Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, qui souligne que les pourcentages d'efficacité annoncés doivent être modulés par plusieurs données.

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Rien n'indique, pour l'instant, si ces candidats vaccins sont stérilisants. À savoir qu'ils permettent d'empêcher de développer le Covid-19 et également de le transmettre. La crainte des chercheurs est qu'ils protègent simplement du virus et de ses symptômes mais que les personnes vaccinées gardent un caractère contaminant pour les autres.

"Il faut être prudent"

Une interrogation partagée par Ruth Karron, directrice du Centre de recherche vaccinale de l'université américaine John Hopkins, auprès de la revue Science.

"Les données que nous avons indiquent que les vaccins empêchent de développer une forme sévère de la maladie, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas être infectés et la transmettre à n'importe qui", a-t-elle indiqué à la revue scientifique américaine.

Même prudence de la part du docteur Scott Gottlieb, ancien responsable de l'Agence américaine du médicament, aujourd'hui expert pour Pfizer, qui a dit sur CNBC attendre les "données complètes" sur ce sujet. "Si nous démontrons que ces vaccins réduisent le taux d'infection, alors ils deviendront des outils de santé publique pour prévenir les contaminations", a-t-il commenté.

D'autres questions demeurent également concernant la toxicité de ces candidats vaccins, leurs effets secondaires mais également leur durée d'efficacité. "Il faut être prudent et consolider les résultats", conclue Alain Ducardonnet. Pour l'heure, les annonces ont été faites par communiqué de presse et il n'y a pas encore eu de publication détaillée dans une revue scientifique, avec une relecture de pairs, même si Moderna a livré davantage de données que ses concurrents.

Clément Boutin Journaliste BFMTV