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Covid-19: la campagne de vaccination débute en France et dans l'UE

Au total, le gouvernement espère avoir immunisé près de 15 millions de personnes d'ici l'été prochain.

Un peu moins d'un an après l'arrivée du coronavirus en France, la campagne de vaccination débute ce dimanche. Symboliquement, cette dernière débute dans deux structures d'hébergement de personnes âgées, l'une située en Seine-Saint-Denis, département qui a payé un lourd tribut au Covid, l'autre en Bourgogne-Franche-Comté, une des régions où le taux d'incidence du virus est le plus élevé.

Dans la matinée, une dizaine de résidents de plus de 75 ans de l'unité de soins de longue durée de l'hôpital René-Muret à Sevran (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), ainsi qu'un de leurs médecins de plus de 65 ans, se verront administrer une première dose du vaccin.

En début d'après-midi, ce sera au tour d'une autre dizaine de pensionnaires du centre gériatrique de Champmaillot, dépendant du CHU de Dijon, et d'un médecin spécialiste âgé de plus de 65 ans, de recevoir à leur tour le Pfizer-BioNTech, baptisé Comirnaty en référence à la technologie employée (ARN messager, mRNA en anglais).

Plusieurs étapes

Après le feu vert donné le 21 décembre au produit de l'américain Pfizer et de l'allemand BioNTech par l'Union européenne, la montée en puissance de la campagne vaccinale sera progressive: elle concernera la semaine prochaine 23 établissements dans les régions de Paris, Lyon, Lille et Tours, avant de s'intensifier pour atteindre une centaine de lieux dans les deux premières semaines de janvier.

Le gouvernement s'est fixé d'ici fin février l'objectif d'un million de vaccinés parmi les plus âgés et les plus vulnérables, particuliers et soignants, dans les 7.000 Ehpad et autres établissements assimilés.

Suivront "tous les retraités de plus de 65 ans" jusqu'au printemps, puis le reste de la population âgée de 16 ans et plus, toujours sur une base volontaire.

Le gouvernement espère avoir vacciné "15 millions de personnes à l'horizon de cet été", a précisé Matignon samedi, une échéance légèrement retardée par rapport à ce qui avait été envisagé.

Au pays de Pasteur, le scepticisme face aux vaccins reste élevé: une majorité de Français (56%) n'envisageaient pas de se faire vacciner contre le Covid-19, selon un sondage BVA publié dimanche par le JDD et réalisé du 11 au 14 décembre.

Allemagne, Hongrie et Slovaquie ouvrent le bal

Outre la France, cette campagne débute également dans le reste de l'Union européenne. L'Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie ont déjà ouvert la voie samedi, en commençant à vacciner leurs populations avec un jour d'avance sur le lancement officiel de la campagne.

En Allemagne, la première personne à recevoir le vaccin Pfizer-BioNTech a été une résidente de 101 ans d'une maison de retraite de la région du Sachsen-Anhalt (est), Edith Kwoizalla.

En Hongrie, c'est Arienne Kertesz, une femme médecin de l'hôpital South Pest de la capitale Budapest qui a ouvert le bal. "J'attendais depuis longtemps de l'avoir, parce que ma capacité à travailler calmement et en sécurité en dépend", a-t-elle déclaré.

Et c'est un spécialiste des maladies infectieuses, Vladimir Krcmery, qui a été le premier à être vacciné en Slovaquie, à Nitra.

Inquiétude autour du nouveau variant

Avant l'UE, de nombreux autres pays ont démarré leur campagne vaccinale contre le Covid-19, qui a fait au moins 1.750.780 morts et contaminé presque 80 millions de personnes dans le monde, selon les données officielles compilées samedi par l'AFP.

La Russie, qui a dépassé samedi les trois millions de cas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Chili, entre autres, ont déjà commencé à vacciner en décembre. La Chine avait été la première à le faire, l'été dernier.

Quant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il a annoncé samedi une offensive de vaccination contre le Covid-19 "sans précédent dans le monde", visant à immuniser en un mois le quart des neuf millions d'habitants d'Israël. Et ce alors même que le pays entame dimanche un troisième confinement général, pour une durée d'au moins deux semaines.

Plusieurs pays ont fait état samedi de cas confirmés du variant britannique du coronavirus sur leur territoire, comme le Canada, l'Italie, la Suède, l'Espagne et le Japon, après l'annonce cette semaine de contaminations en France, en Allemagne, au Liban et au Danemark.

Selon une étude de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, ce nouveau variant est "50% à 74%" plus contagieux que ses prédécesseurs, faisant craindre plus d'hospitalisations et de morts en 2021 qu'en 2020.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV