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Covid-19: l'Inserm lance un essai sur le mélange des vaccins à ARN messager

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Photo d'illustration - JUSTIN TALLIS © 2019 AFP

400 personnes sont attendues pour un essai randomisé piloté par l'Inserm qui consiste à interchanger les vaccins de Moderna et de Pfizer. Objectif: évaluer l'efficacité immunitaire lorsque deux doses différentes de vaccin à ARN messager sont injectées.

L'idée vise à "faciliter l'organisation de la campagne vaccinale". L'Inserm a lancé fin mai une étude sur l'interchangeabilité des vaccins Covid-19 à ARN messager, autrement dit un essai qui consiste à vacciner des individus avec deux vaccins ARN différents, ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

L'objectif de cet essai AP-HP-ARNCombi: "comparer l’efficacité immunologique du schéma vaccinal standard avec deux doses du même vaccin à ARNm contre la Covid-19 à un schéma combinant deux vaccins ARNm différents".

Étudier l'efficacité de ce mélange de doses

L'idée est donc de savoir si la protection immunnitaire dont dispose une personne ayant reçu une dose de Moderna puis une dose de Pfizer - ou l'inverse - est équivalente à celle dont dispose une personne vaccinée avec deux doses de Moderna ou deux doses de Pfizer.

Au total ce sont 400 personnes qui sont attendues pour cet essai randomisé qui a déjà commencé: les premières inclusions ont en effet été réalisées le vendredi 28 mai dernier. Seules les personnes majeures ayant déjà reçu une dose de vaccin ARN avec une seconde injection prévue dans les quatre à six prochaines semaines sont toutefois habilitées à y participer.

17 centres sont impliqués dans cet essai, trois étant des hôpitaux de l'AP-HP, qui promeut cette étude. D'autres centres font quant à eux partie de la plateforme covireivac.fr, lancée en octobre 2020 et pilotée par l'Inserm pour tester les vaccins contre le coronavirus.

Optimiser au mieux la campagne vaccinale

Malgré l'arrivée grandissante du nombre de doses de vaccin sur le territoire national, l'Inserm justifie cet essai par un souci d'effficacité de la campagne vaccinale en France afin de permettre d'exploiter au mieux le nombre de doses de vaccins à ARN et éviter tout gaspillage: 4 millions de doses du vaccin Pfizer sont attendues cette semaine contre 450.000 pour Moderna, selon le ministère de la Santé.

"Même si plusieurs vaccins contre la Covid-19 sont disponibles, il est impératif de poursuivre la recherche afin d’approfondir les connaissances scientifiques, notamment la durée de la protection et la qualité de la réponse immunitaire", soutient l'institut.

Le mélange de doses de vaccin contre le Covid-19 a déjà été autorisé en France mais dans un cas très précis: pour les personnes âgés de moins de 55 ans ayant reçu une injection du vaccin AstraZeneca. Le sérum a en effet été autorisé dans un premier temps aux moins de 65 ans avant d'être finalement recommandé qu'aux plus de 55 ans après l'apparition de rares cas de thromboses chez certaines personnes. Les personnes ayant donc reçu une première dose mais n'étant plus éligible à ce vaccin ont donc reçu une dose de vaccin à ARN.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV