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Covid-19 et rhume: le casse-tête des écoles et des parents face aux certificats médicaux

La recrudescence de rhumes et de gastro-entérites, classique en cette période à l'école, va poser des soucis aux parents et aux médecins, qui devront fournir des certificats au moindre symptôme.

À l'école, où les microbes circulent facilement, surtout à l'approche de la période hivernale, comment distinguer un rhume du Covid-19? C'est le casse-tête auquel sont confrontés tout aussi bien parents, enseignants que médecins en cette rentrée si particulière. Certains symptômes déclenchés par le coronavirus ressemblent, à bien des égards, aux infections bénignes que contractent régulièrement les enfants.

À cet égard, SOS Médecins affirme dans un communiqué publié ce jeudi avoir constaté une augmentation importante de ses actes "pour suspicion Covid-19", passant de 482 cas journaliers le 1er septembre à 991 le 9 septembre. Le réseau observe par ailleurs une augmentation des consultations pour des enfants en âge scolaire, "à la demande des établissements".

"Les familles ont besoin d’un avis médical et d’un certificat difficile à établir sans test PCR", poursuit SOS Médecins.

Nombreuses infections possibles

C'est là tout le problème. Interrogé sur BFMTV, le médecin généraliste Michaël Rochoy, co-fondateur du collectif "Stop-postillons", affirme avoir déjà "beaucoup de boulot à l'heure actuelle".

"On a nos consultations qui sont normales, et entre les consultations, on a aussi des appels sans arrêt de personnes qui ont été en contact avec le Covid-19, ou des enfants qui sont à l'école (...) pour des certificats ou pour des arrêts de travail."

Durant le mois d'août déjà, des sociétés savantes s'alarmaient face à la "surchage de travail pour les cabinets médicaux et les centres hospitaliers". Dans leur lettre ouverte, des professionnels de santé encourageaient les parents à vacciner leurs enfants contre la grippe et le rotavirus, à l'origine de gastro-entérites.

"Deux avantages" à cela: d'abord "ne pas alourdir (...) 'le fardeau' des structures sanitaires en diminuant de façon drastique les épisodes de gastro-entérites chez les petits nourrissons". Ensuite, "réduire la fréquence chez l’enfant des opportunités de suspecter une Covid-19 et ses conséquences", en raison des symptômes similaires entre les différentes maladies.

"En collectivité, que ce soit à la crèche ou à l'école maternelle, un enfant développe tous les quinze jours une fièvre, aux alentours de 38 degrés par exemple. Va-t-il falloir effectuer un test écouvillon, particulièrement douloureux, à chaque fièvre aux enfants?", déclarait alors Brigitte Virey, présidente du Syndicat national des pédiatres français, auprès de BFMTV.com.

La pédiatre indiquait par ailleurs que le Covid-19 prend parfois une forme digestive sur les plus jeunes. Avec une vaccination contre la gastro-entérite, les médecins pourront plus rapidement diagnostiquer une contamination au coronavirus.

L'enfant peu transmetteur du Covid-19

Rappelons-le, comme le souligne la Société française de pédiatrie dans des recommandations publiées mercredi, "l’enfant, et en particulier l’enfant (de moins de) 10 ans, ne contribue pas significativement à la transmission de SARS-CoV2". Et la société savante d'énumérer les raisons de cette différence avec les adultes:

"Très faible taux d’attaque secondaire à partir des enfants; rareté des clusters à point de départ pédiatrique."

Malgré tout, l'inquiétude règne chez les parents. Sur notre antenne, Nageate Belahcen, administratrice nationale de la FCPE (Fédération des Conseils de parents d'élève), a déclaré ce jeudi que "les parents se posent vraiment la question de savoir s'ils envoient leurs enfants, même s'ils n'ont pas de symptomes". Selon la Société française de pédiatrie, "l'enfant infecté est plus souvent asymptomatique, et les formes sévères hospitalisées sont rares".

Elle affirme par ailleurs que "les bénéfices éducatifs et sociaux apportés par l’école sont très supérieurs aux risques d’une éventuelle contamination par SARS-CoV2 de l’enfant en milieu scolaire".

Des masques dès 6 ans?

En revanche, tout enfant âgé de 6 ans ou plus, ou adolescent symptomatique (qui souffre de toux et/ou de fièvre, et/ou de troubles digestifs) "doit avoir un test de dépistage avant de revenir en collectivité sauf si un diagnostic d’une autre maladie infectieuse est faite avec certitude". Et la Société française de pédiatrie de détailler plus loin:

"Toux et/ou rhinite, sans fièvre, ne suffisent pas à justifier une exclusion de la collectivité pour les enfants de moins de 6 ans. Les symptômes justifiant l’exclusion transitoire de la collectivité de ces enfants, et potentiellement une PCR, doivent inclure au moins un des 3 items suivants: fièvre (supérieure à) 38°, gêne respiratoire, troubles digestifs significatifs (plusieurs selles liquides et au moins deux vomissements)."

Par précaution, certains veulent inciter au port du masque dès l'âge de 6 ans, à l'instar du maire de Béziers, Robert Ménard. "On a mis à disposition déjà, dès la rentrée, des masques pour les enfants de 6 à 11 ans", a-t-il affirmé auprès de BFMTV, en faisant référence aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé. "Alors pour l'instant, on voit ce qu'il en est, on fait confiance aussi aux enseignants", a-t-il poursuivi.

Si un enfant présente des symptômes évocateurs du Covid-19, les enseignants peuvent décider de lui mettre un masque et demander aux parents de venir le chercher. Il doit ensuite rester chez lui jusqu'à ce que les parents obtiennent un certificat.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV