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Covid-19: ces 5 signes qui permettent d'entrevoir une amélioration de la situation épidémique

Si la cinquième vague est loin d'être terminée, des signes d'amélioration de la situation sanitaire commencent à être observés, comme la baisse du nombre de cas en Île-de-France, ou celle du nombre de personnes en réanimation.

Après plusieurs semaines de forte augmentation du nombre de cas de Covid-19, et plusieurs records de contaminations battus, des signes d'une amélioration de la situation commencent à émerger concernant cette cinquième vague épidémique, qui a vu la prolifération du variant Omicron.

· Le nombre de contaminations en baisse par endroits

"Le scénario du pire s’éloigne, la décrue a commencé, le pic des infections au Covid-19 a été passé ces jours-ci, au moins en Île-de-France", déclare ce lundi sur France Inter l’épidémiologiste Arnaud Fontanet.

Le nombre moyen de nouveaux cas détectés en une semaine dans la région est en effet en baisse. Après un pic à 72.000 contaminations par jour en moyenne autour du 9 janvier, une baisse des cas peut être observée avec 65.377 cas positifs le 13 janvier selon les dernières données.

Mais la "décrue" évoquée par l'épidémiologiste n'est pas encore remarquable au niveau national, bien que la hausse des cas semble afficher une dynamique moins importante. Même si le pic de l'épidémie est attendu d'un jour à l'autre, "on est encore dans une phase de forte progression du nombre de cas", rappelait vendredi sur notre antenne, Geneviève Chêne, directrice générale de Santé Publique France.

Arnaud Fontanet avait d'autre part souligné sur BFMTV "qu'il y a des différences régionales" dans l'évolution de l'épidémie et que la baisse du nombre de cas arriverait "un peu plus tôt dans la région Île-de-France et dans le nord-ouest de la France, un peu plus tard dans la partie sud et sud-est de la France".

· Le nombre de réanimations se stabilise

Du côté des hospitalisations et des réanimations, on observe une stabilisation, voire une baisse sur certains indicateurs. Le site du gouvernement indique ainsi que les nouvelles entrées quotidiennes en soins critiques sont en baisse de 5,90% sur les sept derniers jours.

Le nombre d'hospitalisations continue, lui en revanche, d'augmenter au niveau national, même si cette hausse semble se faire plus lente.

Le pic des hospitalisations doit être atteint, mécaniquement une semaine environ après le pic des infections.

"Dans tous les scénarios, le pic des admissions à l’hôpital est attendu dans la deuxième moitié de janvier avec un impact maximal sur l’occupation des lits fin janvier-courant février", écrit l'Institut Pasteur dans son rapport sur l'épidémie daté du 7 janvier.

Ces chiffres actuels, s'ils sont encourageants, doivent toutefois être consolidés pour être interprétés correctement. "Commenter les chiffres d'un jour sur l'autre, ça n'a que peu de valeur épidémiologique", expliquait vendredi sur notre antenne l'épidémiologiste Mircea Sofonea. D'autre part, si à l'étranger, l'épidémie a opéré une décrue, rien ne dit que nous n'allons pas assister, en France, à un plateau après le pic.

· Le variant Omicron majoritaire

La progression du variant Omicron, qui continue de s'imposer face aux autres variants, peut également être perçu comme une bonne nouvelle. Selon les dernières données de Santé Publique France, en date du 13 janvier 2022, Omicron était responsable de 94,6% des contaminations contre 5,4% pour Delta. Ce taux montait même jusqu'à près de 98% dans certaines régions, comme l'Île-de-France.

Et Omicron étant un variant moins virulent que Delta, selon les nombreuses études et observations réalisées ces dernières semaines, ce remplacement permet d'entrevoir l'évolution possible du virus vers un variant de plus en plus contagieux, mais de moins en moins virulent, qui enverra donc moins de personnes à l'hôpital ou en réanimation.

Selon des données de l'AP-HP publiées la semaine dernière, le "recours aux soins critiques (soit directement, soit après un passage par l’hospitalisation conventionnelle) est trois fois plus élevé chez les patients infectés par le variant Delta que par le variant Omicron".
Evolution de la part des variants Oméga et Delta chez des patients de l'AP-HP du 1er décembre 2021 au 4 janvier 2022
Evolution de la part des variants Oméga et Delta chez des patients de l'AP-HP du 1er décembre 2021 au 4 janvier 2022 © AP-HP

Arnaud Fontanet prévient toutefois ce lundi sur France Inter que si "Delta est à un niveau très faible" actuellement, il n’est "pas exclu" qu'il "remonte dans les semaines qui viennent", et modifie la dynamique de l'épidémie.

· L'arrivée de nouveaux traitements

Pour enrayer les risques de formes graves, des traitements sont aussi en cours d'approbation. "Nous attendons deux déploiements" de médicaments contre le Covid-19 "d'ici la fin de ce mois", avait déclaré lundi dernier le ministre de la Santé Olivier Véran. Il s'agit du Paxlovid de Pfizer, "un traitement par voie orale", et du Sotrovimab de GSK. De plus "d'autres médicaments restent encore à venir et sont en cours de développement".

Il ne s'agit pas de médicaments empêchant d'attraper la maladie, mais de traitements limitant les chances de faire des formes graves du Covid-19 une fois qu'on est infecté. Le Paxlovid permettrait ainsi, selon les essais en cours de Pfizer, de réduire de 89% le risque d'hospitalisation ou de décès dans les trois jours suivant l'apparition des symptômes.

Un nouveau traitement anti-Covid par anticorps de synthèse, le Xevudy, avait été approuvé par les autorités sanitaires françaises début janvier. Ce médicament s'adresse aux personnes de plus de 12 ans qui viennent d'être infectées par le coronavirus et sont considérées à risque de forme grave.

"Il est recommandé de l'administrer dans les cinq jours suivant l'apparition des symptômes", explique la Haute Autorité de Santé.

Le Xevudy s'administre par intraveineuse. Il fait partie des traitements par anticorps de synthèse, dont plusieurs ont déjà été autorisés depuis le début de la pandémie.

D'autres médicaments en revanche, ont été retirés du marché, car ils étaient moins efficaces face à Omicron. Les autorités sanitaires françaises ont ainsi cessé début janvier de recommander le Ronapreve de Roche en cas d'infection à Omicron, même s'il reste autorisé face à Delta, le précédent variant dominant. Pire, elles ont intégralement retiré de la circulation la combinaison bamlanivimab/etesivimab d'Eli Lilly, ses résultats se montrant aussi décevants face à Delta.

· Les vaccins fonctionnent contre Omicron

Côté vaccins, la "protection vaccinale demeure élevée contre les formes graves d’infection au variant Omicron, même si elle est inférieure à celle contre le variant Delta", écrit la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) dans un rapport daté du 14 janvier. Contre les formes graves, "l’efficacité est sensiblement diminuée pour Omicron par rapport à Delta: 70 % pour les personnes complètement vaccinées sans rappel contre 90 % contre Delta, 92 % pour les celles avec rappel contre 98 %", est-il écrit.

Contre l'infection pure, les résultats sont inférieurs. Le risque d'être testé positif avec une vaccination complète (sans rappel) est de plus de 85% face à Omicron, contre un peu plus de 30% face à Delta. Avec le rappel, ces pourcentages sont respectivement de près de 50% et de moins de 10%.

S'ils sont donc moins efficaces contre la contagion, les vaccins fonctionnent tout de même encore très bien pour éviter l'hospitalisation. Selon le dernier communiqué du minstère de la Santé, 52.269.133 personnes ont désormais un schéma vaccinal complet "soit 77,5 % de la population totale".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV