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Coronavirus: "seule solution" contre la pandémie, aucun vaccin ne sera disponible avant début 2021

Plusieurs essais sont en cours, aux quatre coins du globe, pour développer un vaccin qui permettra d’immuniser la population contre le Covid-19. Mais son élaboration prend du temps, et les experts estiment que sa mise sur le marché ne sera pas possible avant le début de l’année 2021.

Contre le Covid-19, "un vaccin sûr et efficace pourrait être le seul outil permettant un retour du monde à un sentiment de ‘normalité’". Cette porte de sortie - face à la pandémie qui a déjà tué plus de 130.000 personnes dans le monde - "sauverait des millions de vie", a estimé mercredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, plaidant pour une accélération de son développement et son accessibilité à tous. Il doit être "universel" et "permettre de contrôler la pandémie".

"15 à 18 mois d'attente"

D’après un rapport de l'OMS, cité par Futura Sciences, 67 vaccins ont déjà prouvé leur efficacité in vitro et sont en phase préclinique. Trois d’entre eux, les plus prometteurs, sont même prêts à être testés sur une quarantaine de volontaires. Mais si, à terme, l’efficacité d’un vaccin est avérée, sa mise à disposition pour la population prendra du temps. 

"Aucun vaccin ne sera disponible avant un an, ou 15 à 18 mois, estime ce jeudi sur BFMTV Frédéric Tangy, responsable du laboratoire d’innovation vaccinale de l’institut Pasteur. Des premiers essais sont en cours à droite à gauche dans le monde. A l’institut Pasteur, ils auront lieu à partir du mois de juillet. On va le plus vite possible, mais normalement, faire un vaccin en partant de zéro contre un virus, ça prend minimum huit ans", tient à faire remarquer le scientifique. 

"Les gens qui vous diront 'dans 3 mois', oubliez. On peut imaginer avoir un vaccin avec une protection incomplète dans un délai qui soit probablement de l'ordre du début 2021", a prévenu devant l’Assemblée nationale Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique Covid-19 créé autour d’Emmanuel Macron.

Une efficacité totale?

Outre le temps de production du vaccin, Jean-François Delfraissy soulève un autre point: celui de son efficacité. Celle-ci dépendra de plusieurs approches qui sont en cours de développement. "Certains vaccins risquent de poser des problèmes, d’autres fonctionneront mieux. Pour l’instant, on est encore dans le flou car notre compréhension des réponses immunitaires dans le rôle de cette pathologie n’est pas encore très claire, détaille Frédéric Tangy. Le plus difficile est de construire le vaccin, car on ne connaît pas le virus."

Le premier essai clinique de l’institut Pasteur, sur un groupe de volontaires, permettra de déterminer leur tolérance au produit élaboré.

"S’il est bien supporté, on pourra petit à petit augmenter le nombre de volontaires vaccinés, sachant que pour qu’un vaccin soit mis sur le marché, il faut que 100.000 personnes par tranche d’âge l’aient testé sans aucun effet adverse", avertit le responsable du laboratoire d’innovation vaccinale de l’institut Pasteur.

Quid des traitements?

En attendant le déploiement d’un vaccin pour les populations, un traitement devrait probablement voir le jour. L’essai européen Discovery teste actuellement quatre traitements, dont l'hydroxycholoroquine, sur 3200 patients dont 800 cas graves en France.

"Les premiers résultats seront probablement connus d’ici une semaine ou dix jours. Mais seuls les malades en situation critique seront éligibles à ce traitement", rappelle Frédéric Tangy.

Et de conclure: "A terme, le vaccin sera donc la seule solution à grande échelle, surtout si on s’aperçoit que le virus revient tous les ans comme la grippe."

Ambre Lepoivre