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Coronavirus: quelles sont les séquelles à craindre pour les patients qui sortent de réanimation?

Lésions aux poumons, perte de motricité, stress post-traumatique... Une fois sortis de réanimation, les patients les plus gravement atteints souffrent de séquelles qui pourraient perdurer des mois après la contamination.

Actuellement, 26.246 personnes sont hospitalisées à la suite d'une infection au coronavirus en France, dont 6399 en réanimation. Certaines, gravement infectées, ont également été placées sous respirateur artificiel.

Après le réveil, des séquelles physiques ou psychologiques sont observées chez bon nombre de patients. Démarre alors une nouvelle période de rééducation, qui peut durer jusqu'à six mois.

"Le corps a été beaucoup éprouvé"

A Nancy (Meurthe-et-Moselle), une unité prend en charge les malades sortis de réanimation, comme Marie-Reine, 74 ans, infectée par le Covid-19, qui a passé sept jours sous oxygène à l'hôpital.

"On va juste essaye de se mettre assise au bord du lit. Vous allez essayer de respirer profondément par le nez", lui propose Marie Oudot, la kinésithérapeute. 
"Le corps a été beaucoup éprouvé. Il va falloir vérifier si tout se réadapte correctement", nous précise-t-elle.

Retrouver son autonomie

Très affaiblie, Marie-Reine espère retrouver rapidement une forme physique, afin de "ne plus être obligée de dormir 18 heures par jour. Avoir les moyens de pouvoir lire un peu, reprendre un peu d'activité", explique la septuagénaire.

"Je sens que j'ai un peu plus les moyens chaque jours mais je ne peux pas être complètement autonome."

L'Institut régional de réadaptation de Nancy accueille actuellement neuf patients post-coronavirus. Mais la structure anticipe d'en accueillir bientôt une cinquantaine, dont certains seront des cas bien plus compliqués.

Parmi eux, se trouvent les patients touchés par la forme la plus grave du Covid-19, qui ont eu un syndrome de détresse respiratoire aigüe. Ce dernier peut provoquer des lésions aux poumons.

"Pour la suite et pour les formes plus graves, avec des tableaux avec des longueurs de réanimations beaucoup plus fortes, des patients avec des complications neurologiques, des atteintes motrices", détaille à BFMTV le professeur Jean Paysan, directeur du centre de Nancy.

Expérience de mort imminente

Au-delà de l'épreuve physique, les soignants s'inquiètent des conséquences psychologiques du coronavirus sur les patients. Ces derniers "sont anesthésiés pendant plusieurs jours et n’ont aucun souvenir de cette période dramatique", observe au Figaro le professeur Xavier Monnet, réanimateur à l’hôpital Bicêtre. La plupart du temps, ils traversent cette épreuve seuls, en raison des mesures de confinement.

"On commence à découvrir des stress post-traumatique pour des gens très marqués par des perceptions de mort imminente", ajoute le professeur Jean Paysan.
"Tout cela est régressif mais il faut du temps, des années. Et on ne s'en remet pas de la même manière à 20 ans ou à 80 ans", abonde auprès de Franceinfo le professeur Jean-Michel Constantin, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Pas de séquelles chez les personnes aux faibles symptômes

Toutefois, ces séquelles graves ne seraient observées que chez une minorité d'anciens malades appartenant à la catégorie les plus gravement touchés. 

"Actuellement, on ne pense pas qu'il y ait de séquelles pour les personnes qui ont eu de faibles symptômes", indique également à Franceinfo le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat, à Paris.
Esther Paolini