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Coronavirus: que sait-on de la contagiosité des enfants?

Le Haut Conseil à la santé publique et la Société française de pédiatrie s'accordent sur le fait que les jeunes enfants semblent être peu actifs dans la propagation du virus.

Au plus fort de la crise sanitaire, Emmanuel Macron annonçait le 12 mars la fermeture des établissements scolaires et des crèches, par peur que les enfants participent à une propagation active du virus. Quelques mois plus tard, la rentrée s'est déroulée masquée pour les enseignants et pour les élèves de plus de 11 ans. Entre temps, les études sur la contagiosité des plus petits se sont multipliées.

Lors d'un point sur l'épidémie ce jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a évoqué un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), selon lesquel "les enfants jeunes sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la chaîne de transmission du coronavirus". Qu'en est-il exactement?

Les enfants se contaminent peu entre eux

Le document, disponible depuis jeudi soir sur le site du HCSP, précise que "les données de la littérature montrent, à ce stade des connaissances, que le risque de transmission existe principalement d’adulte à adulte et d’adulte à enfant et rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte".

En résumé, les jeunes enfants, à la crèche ou à l'école, semblent avoir peu de chance de se transmettre le virus entre eux ou à un adulte. Le risque est cependant plus grand dans le chemin inverse.

Ils transmettent peu le virus

Des conclusions auxquelles souscrit également la Société française de pédiatrie (SFP) dans un document diffusé le 1er septembre et qui partageait plusieurs propositions concernant la rentrée scolaire. Les pédiatres ont réalisé trois constats, s'appuyant encore une fois sur les plus récentes données de la littérature scientifique:

L'enfant, en particulier celui de moins de 10 ans, "ne contribue pas significativement à la transmissions de SARS-CoV2", il s'infecte "très probablement" moins qu'un adulte si exposé à un cas contaminant et il est "plus souvent asymptomatique". Les formes sévères hospitalisées sont, enfin, "rares".

"Le risque zéro n'existe pas"

Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie (SFP), a résumé, ce jeudi matin sur BFMTV, les conclusions des pédiatres qu'il représente:

"Les enfants peuvent attraper le virus, mais beaucoup moins que les adultes. Ils peuvent le transmettre, mais beaucoup moins que les adultes. On peut comparer un jeune enfant sans masque à un adulte avec masque".

Comment expliquer cette faible contagiosité? Il existe, selon lui, trois hypothèses. La première "serait que les enfants ont moins de récepteurs au virus dans le nez". La deuxième est qu'ils auraient "une immunité entraînée, c'est-à-dire l'habitude de gérer des petites infections du fait de leurs rhumes successifs et de leurs angines successives".

La troisième est que certaines maladies "sont plus graves chez l'adulte que chez l'enfant", a expliqué Robert Cohen. Ce dernier souligne, tout de même, que "le risque zéro n'existe pas" avec les plus petits.

Clément Boutin Journaliste BFMTV