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Coronavirus: pourquoi parle-t-on de "clusters"?

Vue de Crépy-en-Valois, dans l'Oise.

Vue de Crépy-en-Valois, dans l'Oise. - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Au long de la lutte contre le coronavirus, les Français ont dû se familiariser avec un mot venu d'ailleurs: "cluster". Le terme est cependant bien connu des scientifiques et des autorités qui lui donnent plusieurs définitions.

"Cluster dans l'Oise", "cluster dans le Morbihan", "cluster en Haute-Savoie", "cluster à Mulhouse". En ces temps de coronavirus, les clusters semblent pousser comme des champignons dans l'Hexagone. Ce terme anglais qui désigne la "grappe", le "groupe" ou encore "l'amas" renvoie dans ce contexte sanitaire à un regroupement de cas dans un territoire délimité. 

Diversité de définitions 

A vrai dire, les définitions sont pléthore. Santé publique France évoque tout à la fois une simple "chaîne de transmission de taille importante", et plus longuement: "Le regroupement dans le temps et l’espace de cas de maladies, de symptômes ou d’événements de santé au sein d’une population localisée est dénommé 'agrégat spatio-temporel' ou 'cluster' en anglais." Le ministère de la Santé, relayé ici, parle lui "d'un regroupement d'au moins deux cas en même temps, au même endroit", tandis que celui de l'Education nationale pointe en quelques mots un "foyer de circulation de virus". 

L'anglicisme, un peu barbare à première vue, inusité du grand public, ne plaît pas à tout le monde. Pas même à "son" ministre de tutelle, Olivier Véran, qui mardi lâchait sur notre antenne: "On va arrêter de parler de cluster parce que je crois que les gens ne comprennent pas quand on parle de cluster. Je comprends parfaitement et en plus c’est un anglicisme."

Cluster et foyers 

Sauf que le terme est adoubé par la communauté scientifique. "Cluster est un terme très courant chez les épidémiologistes", a ainsi noté Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail national au Haut Conseil à la Santé publique sur le coronavirus, auprès du site de L'Express. Les experts en ont même fait un outil. Car le cluster se distingue du "foyer", permettant ainsi une classification plus précise du péril.

En effet, si le cluster est un regroupement d'"au moins deux cas", il plafonne vite en principe. L'hebdomadaire pose ainsi qu'à partir de cinquante cas, il faut justement parler de foyer. Celui-ci a aussi reçu son contenu, comme l'a observé ici Le Télégramme, puisant dans le lexique de qui le définit de cette manière: "Une unité épidémiologique de cas pathologiques, exprimés cliniquement ou non, survenant dans un même lieu (ferme, maison…) au cours d’une période limitée de temps".

Robin Verner