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Coronavirus: pour Patrick Pelloux, "le monde d'avant n'est plus possible pour les hôpitaux"

Le président des médecins urgentistes de France Patrick Pelloux a appelé, ce dimanche, l'exécutif à revoir sa politique pour l'hôpital public, confronté à un manque de moyens et de personnel en pleine crise sanitaire liée au coronavirus.

Patrick Pelloux, le président des médecins urgentistes de France, a estimé ce dimanche que "le monde d'avant" la crise du coronavirus "n'était plus possible et plus envisageable", en particulier pour les hôpitaux confrontés à une double crise: à la fois sanitaire mais aussi une crise liée au manque de moyens qu'ils déplorent depuis plusieurs mois.

"Il faut qu'on soit judicieux et que l'on sache où on va et comment. Une chose est sûre: le monde d'avant n'est plus possible, plus envisageable, notamment pour les hôpitaux", a déclaré Patrick Pelloux à notre micro, une journée avant l'allocution d'Emmanuel Macron.

"Il faut tout revoir à la base"

"On a fermé trop de lits, trop de structures, on n'a pas assez de personnel. Il faut revoir tout à la base", a-t-il affirmé, en référence à la crise de l'hôpital publique contre laquelle le personnel soignant s'était mobilisé pendant plusieurs mois l'année passée, demandant une augmentation des salaires, une hausse des effectifs et une réouverture des lits supprimés.

Le directeur des médecins urgentistes a également regretté l'appel du Medef à reprendre le travail rapidement afin de "rattraper" la perte d'activité induite par le confinement en cours depuis le 17 mars. "Le Medef a une tendance à ne jamais comprendre ce qu'il se passe dans la société", a déploré Patrick Pelloux sur notre antenne, estimant que le syndicat patronal se trompait de stratégie. Avant de mettre en garde: "Si jamais on déconfinait trop tôt, on relancerait l'épidémie."

Jeanne Bulant