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Coronavirus: les clusters se multiplient chez les étudiants

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Des cas de coronavirus ont été recensés dans une dizaine d'établissements. La ministre Frédérique Vidal pointe "un relâchement" dans l'application "des consignes sanitaires".

Une soixantaine d'étudiants en médecine contaminés à Montpellier, 43 cas de Covid-19 parmi des étudiants en santé à Rennes, une école d'ingénieurs fermée à Strasbourg après une cinquantaine d'infections, la fermeture de Sciences Po Reims... Les cas de coronavirus se multiplient dans l'enseignement supérieur, malgré l'obligation de porter un masque dans les amphis et salles de classe.

"Dans tous les établissements, il y a des cas déclarés", a détaillé le président de la Conférence des présidents d'université, Gilles Roussel, au Monde.

"Alors même que certains établissements d'enseignement supérieur n'ont pas encore fait leur rentrée, déjà plus d'une dizaine d'entre eux sont confrontés à une circulation très active du virus en leur sein, les amenant à suspendre momentanément les cours en présentiel", a indiqué lundi la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal dans un communiqué.

La ministre pointe "un relâchement" des gestes barrières

Le syndicat étudiant Unef indiquait lundi qu'il s'agissait de 13 établissements: "Sciences Po Reims, l'École des mines de Nancy, l'École centrale à Lyon, l'ICAM à Toulouse, l'université de Nantes en 2e et 3e années de médecine, Sciences Po Lille, l'université catholique de Lille, l'IAE de Marseille, l'université d'Amiens, l'université Rennes I, l'université de Nice, de Poitiers et de Bordeaux".

Face à cette recrudescence de cas, Frédérique Vidal en appelle à la "responsabilité individuelle":

"Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirées étudiantes, privatisation de bars...) associés à un relâchement des consignes sanitaires notamment des gestes barrières", a-t-elle assuré.

Une assertion qu'étudiants et syndicats battent en brèche. Face à la crise sanitaire, "l'université est livrée à elle-même puisqu'il n'y a pas de campagne de communication du ministère de l'Enseignement supérieur qui est arrivée", déplore à notre micro la présidente de l'Unef, Mélanie Luce.

"On fait comme on peut"

Sur le campus de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) de l'université Sorbonne Paris-Nord, plusieurs cas de Covid-19 ont été recensés mais l'établissement est toujours ouvert.

"Dans notre promotion, on est 180 et il faut se dire qu'il n'y a pas forcément de distanciation, donc on est tous à côté. Il n'y a pas forcément de croix pour dire 'on s'asseoit une place sur deux'. On est obligé de s'adapter, on a nos masques, on fait comme on peut", regrette une étudiante au micro de BFMTV.
"Le seul changement c'est le masque", déplore un jeune homme. "Pas mal d'étudiants restent assis et suivent le cours sur les escaliers (...) pour respecter la distanciation", explique un autre.

Pour dénoncer les conditions d'accueil des établissements d'enseignement, des étudiants postent des photos sur les réseaux sociaux, sous le mot-dièse BalanceTaFac. On y voit des couloirs, amphis et autres salles de classes bondées, peuplées d'élèves masqués, sans distanciation physique.

"Brassage des étudiants"

Auprès du Parisien, Yann Le Cunff, maître de conférences en biostatistiques à l'Université Rennes-1, analyse cette recrudescence de cas:

"Il y a un brassage des étudiants très important, donc c'est évident que les campus sont un endroit rêvé pour la propagation du virus."

Un brassage d'autant plus important cette année: selon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur, 2,8 millions d'étudiants font leur rentrée, soit une hausse de 2,1% par rapport à l'année précédente.

"Sur le plan sanitaire, des consignes claires et strictes ont été édictées: le port du masque obligatoire, le respect des distanciations physiques à chaque fois que cela est possible notamment en occupant en classe ou en amphi qu'un fauteuil sur deux. Ces mesures sont nécessaires et devront être appliquées avec la plus grande vigilance, la plus grande précaution. C'est à la fois la maîtrise de l'épidémie et l'avenir de nos étudiants dans leurs études qui en dépendent", a argué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce mercredi, à la sortie du conseil des ministres.

"Nous sommes prêt à toutes les évolutions sanitaires (...) en fonction de la situation épidémique", a-t-il ajouté.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV