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Coronavirus: la Gironde en "vulnérabilité modérée", les autorités s'inquiètent d'un "relâchement"

Un soignant à l'hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020.

Un soignant à l'hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020. - JOEL SAGET / AFP

Depuis le 10 juillet, la Gironde est placée en "vulnérabilité modérée" concernant le coronavirus. Trois clusters ont été identifiés dans le département.

Tout comme la Mayenne, la Gironde est placée depuis le 10 juillet en "situation de vulnérabilité modérée" face au coronavirus par les autorités sanitaires. La Guyane et Mayotte, où le Covid-19 reste très actif, sont eux toujours classés en "situation de vulnérabilité élevée". "L’indicateur du niveau de vulnérabilité (...) traduit à la fois la circulation virale et l’impact sur la santé de la population du département", explique Santé Publique France.

En Gironde, "il y a une circulation du virus, mais elle reste relativement faible", indique l'épidémiologiste Sophie Larrieu dans les colonnes de Sud-Ouest ce mardi.

Trois clusters en Gironde

Alors que la région a été relativement épargnée par le coronavirus depuis le début de l'épidémie, le département de la Gironde est désormais source d'inquiétudes. "Il n'y avait plus de clusters en cours dans la région depuis deux semaines, mais ces derniers jours, huit clusters ont été signalés dont trois en Gironde", explique l'épidémiologiste à la cellule Nouvelle-Aquitaine de Santé Publique France.

Cette dernière précise que "la situation est sous contrôle", avec "des tests de dépistage, des mises à l'isolement". Au total, le département comptabilise 41 hospitalisations en lien avec le coronavirus, dont six personnes en réanimation, selon le dernier bilan de l'Agence régionale de Santé diffusé vendredi.

À l'image de la rave-party qui a rassemblé environ 2000 personnes dans une forêt du bassin d'Arcachon ce samedi, Sophie Larrieu constate un "relâchement" dans le respect des consignes sanitaires.

"Nous avons constaté depuis fin juin un relâchement dans la population, au niveau des mesures barrières. Avec la montée des indicateurs et le week-end de quatre jours, le beau temps, des rassemblements prévisibles, on s'est dit qu'il fallait agir", explique-t-elle.

"Que chacun fasse attention"

Le placement en "vulnérabilité modérée" est un message d'alerte envers la population:

"On peut rester à ce stade sans que l'épidémie ne reparte à la hausse, mais, ces derniers jours, il y a eu des signaux. Ils ne sont pas très forts, la Gironde reste au bas de la fourchette de la vulnérabilité modérée. (...) Mais nous préférons tirer le signal d'alarme un peu plus tôt afin que chacun fasse attention", indique Sophie Larrieu.

Elle rappelle l'importance du respect des gestes barrières pour éviter une reprise de l'épidémie: "Évitons de faire la bise, se serrer la main, tenons-nous un peu éloignés durant tout l'été", demande-t-elle.

Face à la multiplication de clusters sur le territoire et au relâchement de la population, des membres du personnel médical réclame l'obligation du port du masque dans tous les lieux clos. Une mesure "à l'étude", a déclaré Jean Castex, lors de sa récente visite en Guyane.

Esther Paolini Journaliste BFMTV