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Coronavirus: l'Inserm alerte sur les risques d'un déconfinement sans tests ni isolements

Des joggeurs à Paris le 8 avril 2020

Des joggeurs à Paris le 8 avril 2020 - Alain Jocard / AFP

Afin de prévenir tout risque de deuxième vague du Covid-19, l'Inserm conseille de prévoir du mieux possible la sortie de crise.

Le déconfinement n'est définitivement pas à l'ordre du jour. Alors que dans son allocution prévue ce lundi soir, Emmanuel Macron devrait annoncer une poursuite du confinement en France pour encore plusieurs semaines, l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, avertit des risques d'un éventuel relâchement tant que l'épidémie de Covid-19 ne sera pas stoppée. 

Tests et seconde vague

Dans une étude publiée dimanche et relayée par Le Monde, l'équipe de Vittoria Colizza et Pierre-Yves Boëlle (Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique, Inserm et Médecine Sorbonne Université) met en garde contre les effets d'un potentiel déconfinement qui ne serait pas conjugué à la mise en place de tests stricts et d'isolements, et ce alors que la possibilité d'une seconde vague de contaminations se fait de plus en plus tenace. 

Les auteurs de l'étude insistent d'ailleurs sur le fait que cette deuxième vague paralyserait encore plus le système hospitalier, et saturerait probablement les hôpitaux du pays. En plus des tests obligatoires à un déconfinement, l'étude recommande de conserver le plus possible les "gestes barrières", conseillés par le gouvernement dès les premiers jours de la crise sanitaire. 

Une immunité collective insuffisante 

Ainsi, pour les auteurs de l'étude, le confinement ne devrait être levé uniquement qu'à partir de la mi-mai, voire de la fin mai. Pour en arriver à cette conclusion, ils se sont reposés sur les chiffres de l'Île-de-France, et ont estimé qu'avant le confinement, le taux de reproduction de base de l’épidémie était de 3, soit trois personnes infectées pour une seule personne contaminée de base, détaille Le Monde

Depuis la mise en place du confinement, le 17 mars dernier, ce chiffre est tombé à 0,68, soit "100 individus infectés ne transmettraient plus le virus qu’à 68 personnes", souligne encore le quotidien.

Toutefois, l'étude montre que ce chiffre d'immunité collective est bien trop faible, et surtout fragile, dans l'objectif d'un retour à la normale en France. En réalité, seulement 1 à 6% de la population francilienne a déjà été contaminée par le Covid-19, et une fin du confinement serait alors synonyme d'un nouveau départ de la maladie. 

Un danger au niveau européen? 

Les résultats de cette étude pourraient alors bien changer la donne à l'échelle internationale. Comme le signalait ce week-end le Journal du Dimanche, plusieurs pays d'Europe, dont l'Italie et l'Espagne, deux des nations les plus touchées au monde, mais également l'Autriche, devraient décréter un assouplissement de leur confinement dans les jours à venir, comprenant par exemple la réouverture de certains commerces. 

Seulement, comme le signale l'hebdomadaire, bien que le port du masque se soit généralisé dans ces pays, l'Espagne ayant annoncé une distribution à l'entrée des transports en commun par exemple, les tests généralisés à l'ensemble de la population ne semblent pas encore à l'ordre du jour. 

Hugo Septier