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Coronavirus: faut-il s'inquiéter d'une résurgence des cas dans le Grand Est?

Les taux d'incidence du virus montent dans le Grand Est et tout particulièrement dans la Marne, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle. Selon notre consultant santé Alain Ducardonnet, il faut d'abord y voir l'effet de dépistages massifs et des foyers.

Le taux d'incidence, en d'autres termes le nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants, remonte dans tous les départements du Grand Est. Dans trois d'entre eux, la Marne, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle, il atteint même ce vendredi respectivement 20,4 puis 30,8 et 26,3. Des statistiques de cinq à six fois supérieures à la moyenne nationale selon les cas. D'autant plus préoccupant de prime abord que les autorités ont fixé le seuil de vigilance à dix cas pour 100.000 habitants. 

"Il y a toujours une circulation active du virus"

Comme le rappelle Le Parisien, le préfet de la Meurthe-et-Moselle, Eric Freysselinard s'est alarmé de la situation. Il a appelé mercredi la population à faire preuve d'attention et a dénoncé "l'imprudence" et le "relâchement"de celle-ci. "Ces chiffres montrent qu’il y a toujours une circulation active du virus dans la région et de manière un peu plus marquée dans certains territoires comme la Meuse et la Meurthe-et-Moselle", a admis l'Agence régionale de Santé jeudi dans un communiqué. S'appuyant sur les chiffres de cette ARS, le médecin Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, a cependant montré ce vendredi sur notre antenne que le panorama n'était pas si sombre:

"Trois départements sont au-delà des dix cas nouveaux pour 100.000 habitants donc là ça signifierait que pour ce critère-là, il serait en orange. Mais le taux de positivité des tests reste à la limite car c’est autour de quatre ou cinq en fonction des départements. Les autres critères, c’est-à-dire les visites de SOS Médecins, les passages aux urgences, les hospitalisations et admissions en réanimation, pour l’instant n’augmentent absolument pas et même continuent à descendre".

Comment expliquer cette hausse?

Il a enchaîné, tentant d'exposer les raisons de ce paradoxe apparent:

"Comment l’expliquer? Premier élément, probablement teste-t-on plus dans le Grand Est. C’est vrai que les nombres de tests dans cette région sont plus importants car elle est plus sensibilisée, il y a même des bus qui vont faire ces tests et qui permettent parfois de diagnostiquer des asymptomatiques ou des peu symptomatiques. On rappelle que c’est 40 à 50% des gens."

Alain Ducardonnet a abordé le second facteur: "Deuxièmement, on rappelle qu’il y a un certain nombre de clusters dans le Grand Est, puisqu’on en est à l’heure actuelle à 42 clusters en cours d’exploration sur 86 en France." Confiant, il a conclu: "Tous ces éléments réunis font qu’il n’y a pas d’alerte particulière, c’est un soubresaut. Il faut être vigilant et surtout ne pas baisser la garde."

Robin Verner